LE l( K l.l Cl El \.
I (17
uuu ([iic do l'abnégation chrétienne , si celui que l'éducation el l'intelligence oui élevéau-dessus de sou semblable dcscendail volontairement au rang des derniers et desplus obscurs?—Malheureusement .sans influence aucune, les chartreux et les trappistesvivent et gouvernent entre eux ; ils régnent en famille et régissent leur intérieur avecune ardeur d’aulant plus vivace, qu’elle a moins la possibilité de s’étendre ailleurs,qu’elle a moins a dominer au dehors. L’élat les tolère, mais ne leur reconnaît pasd’existence légale. Ils n’ont de part aux affaires du monde que pour ce qui les con-cerne, particulièrement. Ainsi traqués, ils espèrent en Dieu et vivent absorbés, nontoutefois sans aspirer secrètement a rétablir leur empire par delà l’enceinte tropétroite du cloître.
Cette dernière espérance du religieux, si vague et si lointaine qu’elle soit, sera-t-elle jamais réalisée ? Ce fut en éludant l'esprit du christianisme par l’abus des ri-chesses el de la puissance que les ordres monastiques précipitèrent leur ruine ; c’estparle travail et l’austérité, parla tolérance surtout, qu'ils espèrent reconquérir laconsidération qu’ils ont perdue, et recouvrer, sinon leur ancienne importance, touly u moins une condition avouée et légale, qui les assimile au clergé et leur permette•l’agir librement et avec sécurité. En France, surtout en France , il n’est peut-êtrePas un religieux qui ait assez d’abnégation pour n’êlre pas intérieurement mortifié del’abaissement et de la déconsidération de son ordre, et qui ne prétende le réhabiliterPar tous les moyens que ses devoirs et sa conscience autorisent; pas une connnu-nauté dont la conduite et les efforts de tous les jours ne tendent a ce but, soit expli-citement, soit implicitement.
Au moment où j’écris ces lignes, de jeunes et dignes ecclésiastiques français sontvenus dans la campagne de Rome, en face même du Vatican , cette sombre et jalouse•lerneure de l’intolérance chrétienne, s’installer provisoirement au Monte Mario ,•lans les bâtiments abandonnés d’un ancien monastère de Saint-Dominique. Là, au"ombre de trente-cinq, ils ont formé, sous la direction deM. l’abbé Lacordaire, au-jourd’hui profès dominicain, une communauté nouvelle, succursale des dominicains •le Vilerbe; et, mettant à profit les graves enseignements du passé, les tendances elles besoins de la génération actuelle, ils se fortifient par une retraite de trois ans,entièrement consacrée a l’élude des sciences métaphysiques, dans les vastes et pro-fondes connaissances de la philosophie et de l’histoire. Ils sont en instance pour ob-•enir du pouvoir la permission de fonder en France une Sorbonne nouvelle, et,bientôt sans doute, ils y viendront professer la science humaine et répandre le"bristianisme par la diffusion des lumières. Tout l’avenir du religieux, en France el'"èine en Italie , repose désormais sur la sainte el laborieuse mission de M. de La-oordaire. Déjà le jeune prieur s’est fait entendre à Sainl-Louis-des-Français, en pré-Se "ce du clergé romain et de tout ce qu’il y avait de Français à Rome . Il a établi les•'"ses de la réforme, sans cependant avouer la réforme, et fait connaître qu’il y avaitnécessité et urgence à ramener le christianisme à ses formes primitives et à la sim-plicité de la doctrine évangélique. Il a prêché le progrès et la liberté unis an ca-1 l*olicismc le plus pur ; la toute-puissance des affections et des idées ; enfin la socia-bilité, comme étant les trois principaux caractères du dogme chrétien; et, s’é-