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vitablement dans tous les postes, au bas d’une armoire destinée aux octants et auxtables de Callet, plusieurs volumes des Amours du chevalier de Faubtas, le CompèreMathieu, les œuvres de Piron, concurremment avec celles de Bezoul et les chansonsde Béranger. Il est difficile de se faire l'idée d’un désordre plus complet et moinsapparent que celui d’un poste d’élèves. Ils sont forcés par l’autorité du bord a avoirl'air rangé; mais n’ouvrez aucun caisson sous peine de reculer d’horreur. Aussi,quel coup de théâtre, surtout dans les pays chauds, quand le pilotin vient appelerl’aspirant de corvée de la part de l’officier de service ! Ils sont rassemblés dans leurfournaise, et vêtus de ce simple appareil auquel l’usage a conservé le nom de robede chambre des gardes marines. — « Mousse ! s’écrie le malheureux surpris dansun pareil négligé, mousse! un pantalon, des bottes, une veste, un sabre! vite!vite ! allons, patine-toi ! » Le mousse plonge dans un des bahuts et rapporte a diversesreprises chacune des parties du costume exigé; les chaussures sont trop longues, lepaletot trop étroit, le pantalon descend jusqu’à la cheville exclusivement : qu’importe!en une minute l’élève est sur le pont aux ordres du lieutenant de quart : — « Monsieur,vous allez embarquer immédiatement dans le grand canot; vous vous rendrez a terreet remettrez cette lettre en mains propres a monsieur l’ambassadeur de France ...
— Mais, monsieur, accordez-moi deux minutes, je vous en prie, dit l’élève hon-teux de son accoutrement, en jetant un triste regard sur une casquette qu’il tient'a lamain, faute de pouvoir l’assujettir sur sa tête.
— Bah ! vous êtes bien comme cela ; partez, vous dis-je. Un aspirant, parbleu, onsait bien ce que c’est! De mon temps, ajoute l’officier facétieux, c’était bien autrechose, nous avions toujours la boue au talon et la paille en croix ! »
Si l’officier est rigide, il répond sèchement : « Vous mériteriez les arrêts pourvotre tenue ; lorsqu’on est de corvée on doit toujours être en uniforme décent et prêta monter sur le pont. »
L’élève qui, deux jours auparavant, se faisait remarquer par sa mise élégante aubal chez l’ambassadeur, se résigne avec peine a paraître ainsi fait : « S’il s’agissaitd’une corvée de sable, d'eau, ou de balais, je serais bien sans doute ; mais allercomme cela a l’ambassade ! » Il descend piteusement dans l’embarcation. Bonheur•nespéré ! le mousse du poste lui tend par le sabord un rechange complet. A quelquedistance du navire, il répare le désordre de sa toilette, et dès lors trouve charmante«ne mission qu’il saura prolonger pour ses menus plaisirs.
On peut établir tin rapport de plus entre l’élève de seconde classe et l’écolier, encomparant leur style épistolaire également pédanlesque de part et d’autre. Une pro-digalité étudiée de termes maritimes remplace l’abus des fleurs de rhétorique, unelocution technique est substituée a une citation d’IIorace ; et si la date du rhétori-c >en est agréablement traduite en ides et calendes, celle de l’aspirant a l’avantage dePréciser les degrés et minutes de longitude et latitude par lesquels il a écrit sa pre-mière lettre. Un dictionnaire de marine a la main, on aura mille peines à inter-préter le sens de sa prose; une famille parisienne doit éprouver de bien doucesemotions et surtout être bien fixée sur les aventures d’un fils parti de Brest pourloulou, lorsqu’elle Ut :
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