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Province. Tome premier.
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'"amies au commandant pour les améliorations qu’il invente. Si son département estla calle, il n’en sort pas, surveille a toute heure ce qui s’y passe, et se fait détesterde ses inférieurs par sa minutieuse vigilance. Cet oflicier est né pour être secondet se distinguera certainement dans ce poste difficile qu’on ne peut manquer de luioffrir tôt ou tard.

Entre les chefs de quart et le commandant, se trouve le second ou lieutenant enPied, dont les fonctions sont les plus pénibles de toutes celles du navire. C’est le pou-v °ir exécutif qui agit en vertu des instructions du chef supérieur, le pivot sur lequelr °ule le système entier. Le service souffre de ses moindres oublis et de ses pluscourtes absences, il n’a pas une minute de liberté absolue depuis le jour de l'arme-ment jusqu’à celui du désarmement; a tout instant on vient prendre ses ordres;1,11 it et jour il doit être prêt à résoudre tous les problèmes de la discipline intérieure.S H n’est pas organisé pour sa position, s’il aime l’étude ou le plaisir, on peut aflir-nter qu’il est le plus malheureux des hommes. La place de second est cependantrecherchée, elle met un officier en évidence, et par elle le vrai mérite peut souventSe faire apprécier; mais en l’acceptant, il faut faire abnégation entière de soi-même,s identifier à la machine dont on devient la cheville ouvrière, ne respirer et nePenser que pour elle, y placer toutes ses facultés, tout son amour-propre, et rester'•■différent a ce qui lui est étranger. Si les commandants ont confiance dans leursSe conds, ils leur abandonnent entièrement le maintien de la discipline. Dès lors cesderniers prononcent sur toutes les punitions qui ne nécessitent pas l’assemblée( l 11,1 conseil de justice. Leur fermeté dégénère parfois en tyrannie ; pour arriver h

"''tenir du silence de cette masse d’hommes groupés sans cesse les uns sur les autres,Quelques seconds outre-passent leurs pouvoirs. Sous l’empire, l’un d’eux inventa unefinition qui semble d’abord plaisante : il fit faire pour les bavards des bâillons enmile a voile qui fermaient a cadenas, les délinquants restaient embâillonnés pendantes manœuvres et les exercices, et ne recouvraient la liberté de la langue qu’auxeu 'es des repas seulement ; il arriva plusieurs accidents graves par suite de cettemesure, les hommes ne pouvaient plus crier gare ni demander secours au besoin.

a Hres seconds ont indéfiniment retranché de vin des matelots bretons ou alsaciensPour les punir d’ignorer le français . Cette sévérité outrée n’est pas la règle, loin deles exemples d’illégalité deviennent de plus en plus rares, et l’on doit reconnaître'lie les mœurs maritimes se sont singulièrement adoucies depuis vingt ans.

Le second, par ses attributions mêmes, devient la bête noire de tout le inonde ; ilqu’l, chaque instant on puisse craindre sa rencontre comme celle du Juif errant,^'"r l’équipage, il n’est qu’une apparition plus redoutable, celle de son grand pré-Vot ' le capitaine d’armes. On ne peutpas plus les séparer l’un de l’autre que Louis XI l ,* e S0| > terrible Tristan l’ermite; en parlant du second, on voit se dresser l’hommede fer qui cumule les trois emplois de commissaire de police, de justicier et6 s °ldat. Un capitaine d’armes ne doit jamais rire, toujours rôder et surveiller,°"jours punir et faire des rapports ; il sait sur le bout de l’ongle l’école du soldat etP e l«lon, et a des prétentieuse celle du bataillon, se regarde comme le seul mili-l>v du bord, traite les matelots de va-nu-pieds et les trouve indignes de porter la