ISS
LKS <1 lîl\S D1-: MK K.
guêtre et le sac eu peau. Sou trait caractéristique, c’est uu col noir de formidable di-mension ; il affectionne aussi le bonnet de police a gland d’or. Quoiqu’il ne soit quesous-oflicier, nous venons de tracer son croquis a l’occasion du second dont il e sll’accessoire indispensable. Que deviendrait un lieutenant en pied sans capitained’armes? ce serait un chasseur sans chien, un préfet de police sans agents, un ma-gicien sans baguette !
Malgré toutes les malédictions accumulées sur sa tête pendant le cours de la cam-pagne, quand le second a toujours été juste, la rancune de ses subordonnés nesurvit pas au désarmement, et tels qui le donnaient au diable chaque jour, deman-deront a l’accompagner s’il devient plus tard capitaine d’un navire.
Après avoir longtemps servi en sous-ordre, dès que l’officier de marine croit avoirquelque chance d’obtenir un commandement, il fait un voyage à Paris pour le solli-citer. Ce n’est qu’a force d’adresse, d’importunités et d’intrigues qu’il peut y parve-nir ; souvent le ministère est sourd à ses prétentions, et s’il n’a de nombreuses pro-tections qui fassent valoir ses droits, il reprend tristement le chemin de son port ouil s’embarque de nouveau comme simple officier. Mais quand ses démarches ontréussi et qu’il estarrivé a cette position vers laquelle tendaient tous ses vœux et tousses efforts depuis le jour où il est entré dans sa carrière, alors il se transforme pou*'la dernière fois. Ce n’est plus un homme d’activité incessante comme le second, mun rouage passif mis en mouvement à jours et heures fixes comme le chef de quart :ses devoirs et son attitude ont complètement changé de nature. Le commandant,c’est l’autorité et la justice suprême; a lui viennent aboutir toutes les branchesdu service, il préside aux grandes manœuvres, c’est lui qui doit sauver le navire endanger, lui qui doit vaincre dans un combat. Son pouvoir prestigieux que contientseule une haute responsabilité, n’a pas de bornes aux yeux de ses subordonnés, eaiil dépend de lui de faire des heureux. L’on a dit qu’un commandant est roi sur sonbord, et l’on est resté au-dessous de la vérité ; il y est le génie du bien et du niai,il peut rendre agréable ù tous le séjour du vaisseau, comme il peut aussi leur faù' csouffrir des tortures continues. Demandez à un officier ce qu’il désire avant toutdans ses navigations : une campagne intéressante ou périlleuse? un bel embarque'ment sur un grand navire? un poste avantageux il bord? Non, rien de tout cela,c’est un bon commandant à la fois juste, loyal et marin consommé. Qu’importa I e[■este ! si la mission est douce, un tel chef ne l’empoisonnera pas par une rigi‘l |tl>déplacée ; si elle présente des dangers et de la gloire, on peut avoir toute confianten lui. Sous ses ordres, la dernière place est recherchée avec empressement et I 011préfère un méchant brick à la plus belle frégate commandée par tout autre. La caiupagne qu’on a faite a son bord abonde en souvenirs pleins de charmes, son paneo?rique est dans toutes les bouches, et son avancement est une nouvelle heureuselaquelle applaudit tout le peuple maritime. Les jeunes officiers s’abordent en
serrant la main : — « Eh bien, ce brave 1’... est nommé capitaine de vaissea 11
— Ab ! tant mieux, c’est un digne commandant! » Dans la caserne des matel 0 *' 8 ’on chante scs louanges; a bord des navires les vieux gabiers onl un mot à eux P 0 " 1exprimer leur contentement.