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Province. Tome premier.
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maritimes. Ou ne sait pas obéir dans les grades élevés; chaque commandant répugnea se soumettre aux ordres de son ancien, et dans les conseils où se décide une ac-tion, la diversité des avis résulte moins d’une opinion réelle sur le fond de la choseque de considérations personnelles de rivalité. C’est ainsi que l’honneur du pavillonet les succès de nos marins sont toujours soumis aux qualités de leurs capitaines ;le bonheur et la vie des équipages dépendent d’un chef souvent nommé au hasard,et les officiers subalternes, immédiatement eucontact avec lui, doivent souffrir plusque personne sous la suprématie de certains hommes ignares ou tyranniques. Ilest rare que, favorisé par une sérié de hasards heureux, un lieutenant de vaisseauou un enseigne n’ait jamais rencontré de ces commandants : il est rare que descontrariétés répétées ne lui aient pas fait faire sur sa carrière de mélancoliquesréflexions. Aussi, en général, l’officier de marine, après quelques années de ser-vice, n’est rien moins que passionné pour sa profession. Et cependant écoutez: illa préfère encore a toutes les autres. « Trouve-t-on nulle part, dit-il, autant de com-pensations aux désagréments du métier; après quelques mois d’ennui, une relâcheagréable ; après une campagne pénible, un repos complet dans les ports ; après beau-coup de privations, l’abondance; quelquefois un bon embarquement, une missioncharmante ou la rencontre à bord même d’une amitié qui fait mieux que neutraliserles peines d’une existence trop souvent troublée par des exigences abusives. »

Il faut une longue série de mauvaises fortunes et de vexations intérieures pourque l’officier de marine prenne tout a fait la navigation en horreur et mette son ha-bileté à se ranger dans la classe des castors. L’on qualifie ainsi plaisamment celuiqui, une fois parvenu à saisir un poste sédentaire, s’y cramponne de toutes ses forceset renonce pour jamais à l’océan, à ses pompes et à ses œuvres. Quelle est l'originede cette expression? Serait-ce un goût prononcé pour la truelle assez commun a l’of-ficier de cette classe, ou doit-ou plutôt la considérer comme une antiphrase, puisquele marin qui castorise cesse d’appartenir au genre amphibie? Quelques penseursassurent y trouver une allusion au mariage, qui d’après eux a des rapports essen-tiels avec les établissements des industrieux architectes du lac Ontario , et leuropinion mérite d’être attentivement prise en considération. Les liens conjugauxtraînent mollement l’officier sur une pente douce au bas de laquelle il embrasse laprofession de navigateur in parlibus; et réciproquement les garçons qui, comme I eberger de la fable, ont fermé les oreilles aux conseils de la mer et de l’ambition,s’empressent à l’envi de doubler les douceurs de leur existence.

La cérémonie nuptiale est toujours ainsi l’effet ou la cause des derniers adieuxaux voyages lointains, et le castor célibataire n’est qu’une hypothèse inadmissiblequi répugne même dans les termes.

Les jeunes personnes des ports de mer sont élevées dans la foi et l’espérance dumariage avec un officier de marine. Point de fortune d’une part, une maigre épau-lette de l’autre, en voila assez pour que la municipalité et l’église consacrent uneunion autorisée préalablement par monsieur le ministre de la marine et des colo-nies. Dans les moments de stagnation, lorsqu’il se trouve beaucoup d’ofliciers à terresans embarquement, le septième sacrement prend fureur, comme disent les pilote*