L’OFF IC IKK l)K MAR INK. l!)5
'es novateurs de romantiques et d’extravagants ; mais on a frémi d'horreur dans lesdeux camps opposés, en entendant des cyniques oser prétendre que le but de la pein-ture appliquée sur le fer et le bois, étant uniquement la conservation des matièrespremières, peu importaient le blanc de plomb, le noir animal ou l’ocre jaune. Lesinstallateurs célèbres ont recherché les plus étranges combinaisons et. ont lutté entreeux de bizarrerie; pour bien faire, il a suffi de ne pas se draper comme tout lemonde; l’un des plus renommés a habillé la coque de son navire d’un costume mi-parli comme un page de Charles VII , et ses admirateurs frénétiques ont publiéqu’il venait de reculerles bornes de l’art. Vue de bâbord, la frégateentièrement noireavait l’air sévère d’un catafalque flottant, tribord portait une ceinture coquette etsemblait sourire. Voilà du génie! dirent les uns; les autres poussaient des cris de•louleur, et déploraient la décadence générale.
lin marine, il y a des modes et des donneurs de mode; ce qui était réputé ad-mirable l’an passé, est à présent du dernier mauvais goût; l’anglophobie et' anglomanie ont eu la vogue successivement : aujourd'hui l’on ne se modèleplus autant sur les Anglais qu’il y a quelques années; demain, peut-être, il ne seraplus permis de manœuvrer îi la française. Les matelots, un jour, sont restés slupé-'aits à quelques commandements empruntés à nos voisins d’outre-mer, et le pilote( 'e Rabelais criant: Urelacque e I à Vlnmil, ne les aurait pas surpris davantage.
Si les débats relatifs à l’esprit et à la lettre de l’ordonnance, aux diverses ma-mères de faire une manœuvre ou de disposer l’intérieur d’un navire, occupent unegrande place dans les conversations des officiers de marine 'a bord, dès qu’ils sont à'erre, on peut remarquer qu’ils ne prennen (jamais l’initiative pour parler de leur pre-ssion. Il estdes ports où ils sont accueillis hospitalièrement, ils s’y montrent hommesl 'u monde; dans d’autres, ils mènent forcément la vie de garnison comme tous lesmilitaires ; mais c’est en congé surtout et dans l’intérieur de la Fi ance qu’ils évitent" v ec soin de s’afficher comme marins; ils s’observent, et rarement une expression'«clinique vient trahir leur incognito. Ils éprouvent le besoin de se retremper dans1 existence sociale et d’oublier les misères du bord dont il sont, saturés. L’oflîcierde"Farine le plus enthousiaste de sa carrière (init toujours par prendre en dégoût la"ccessité de se trouver constamment face à face avec les mêmes personnes; les"erniers mois d’une campagne ressemblent si peu à ses débuts. Dans le principe,( * es relations de politesse font bientôt place à une camaraderie modérée, qui est récl-ament l’âge d’or à bord du bâtiment, chacun a soin de cacher ses défauts et laisseParaîire ses bonnes qualités, chacun a sa provision d’esprit encore fraîche, et la rail-l( ' r ie n’a pas eu le temps de mordre. Malheureusement les contrariétés intestines"dissent tôt ou tard soit entre égaux, soit d’inférieur à supérieur; le duel ou les ar-l,,|s deviennent forcément. I ’ullima ratio. L’âge d’or agonisait depuis longtemps, il” le, m alors sans retour, et une nouvelle manière d’être commence ; on se tient surSps gardes, on évite tout ce qui réveillerait, des querelles assoupies, et ces précautions'"utuelles engendrent une paix qui peut durer ainsi jusqu’à la lin de la campagne,'«rive le jour du désarmement, on se sépare cl l’on s’oublie en disant qu’il élaii""Possible d’avoir un intérieur plus agréable. L’on doit en elfel s'estimer heureux