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Province. Tome premier.
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LE CAPITAINE DH COMMERCE.

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ou rèf>le sa correspomlance tout à l'aise sans être pressé par l'heure du courrier, ouest délivré de toute espèce de rapport avec les hommes d’affaires, cl l’on peut semettre à sa guise. » Aussi, dans les pays chauds, il vit en pantoufles, chapeau depaille et veste de coutil, et au nord du 40 e degré de latitude, il porte un épais al-paga et une casquette de loutre. Une seule chose le chagrine, e’csl de n’avoir de lasalade que les huit premiers jours, car, malgré ses efforts assidus, il 11 e réussit quetrès-rarement a en faire pousser dans de vastes caisses de terre végétale, où il a faitun semis en partant. La santé de la vache du bord l’occupe aussi très-sérieusement,il craint toujours de la voir tarir, et va chaque matin lui rendre une visite du plushaut intérêt pour les passagers. Tranquille d’ailleurs, le présent lui suflit et l’ave-nir lui donne peu d’inquiétudes, il a son droit sur le fret et ses appointements lixes;lorsque son bâtiment sera hors d’état de continuer la navigation, il sait que l’arma-teur lui en donnera un autre h point nommé ; il économise tant par année et se reliredès que son (ils est en état de le remplacer. Homme doublement fortuné ! il a su secontenter de peu, a réduit sa profession à une petite existence pleine de douceur,et parvient le plus souvent a atteindre son but modeste. Bien différent en cela de l’a-venlurier qui pourchasse la richesse sur toutes les mers, et confirme ordinairementla vérité du proverbe : pierre qui roule n’amasse pas de mousse.

Et cependant les capitaines au long cours en général n’adoptent les mœurs pai-sibles que nous venons de dépeindre que faute de pouvoir se lancer dans le champdes spéculations. La plupart recherchent les missions beaucoup plus rares où il fautdéveloppera la fois les qualités de marin et de négociant habile, et désirent vivements’attachera une des maisons qui organisent des expéditions sur une vaste échelle. Ilssont alors sans cesse à l’affût d’une opération neuve et en découvrent partout; ilsfont une étude sérieuse de la hausse, de la baisse, et des événements politiques. Cesont eux qui ont créé toutes les branches de commerce tombées plus lard dans le do-maine public; ils moissonnent largement où leurs imitateurs ne feront que glaner.Des premiers qui, lors de la restauration, partirent pour trafiquer dans les mersdu Sud, le long des côtes de l’Amérique méridionale, réalisèrent en peu de tempsd’énormes bénéfices. Le point capital, pour ces capitaines, n’est pas une heureuseet prompte traversée, un bon arrivage, ni l’absence d’avaries, il est dans le succèsd’une entreprise secrète entre eux et leurs armateurs, tout dépend d’une bonneveine, d’un coup de dé. Ils ont organisé le commerce d’échange à la côte occidentaled’Afrique et dans l’Océanie. La France trouve par eux le débouché de toutes sesguenilles brodées, dont les nègres et les sauvages font le plus grand cas. Un chapeaumonté h plumes multicolores, vaut cinq ou six dents d’éléphant; un manteau vert,s emé d’abeilles, est mis aux enchères et acheté au prix d’un tonneau de gomme,d’équipage du navire se nourrit exclusivement de poulets pendant deux mois pourmie vieille paire d’épaulettes. Un haut et puissant fripier de Paris , le fameuxSalvador , exploite en grand ces articles, et en expédie à tous les seigneurs noirs etc,, ivrés de l’Orient et de l’Occident , qui donnent généreusement le inorfil et la poudreé’or pour des uniformes rapiécés de conseillers d’état ou d’ofliciers des gardes fran-çaises. Nous n’oublierons jamais l'hilarité peu respectueuse dont nous fûmes saisis