Band 
Province. Tome premier.
Seite
200
JPEG-Download
 

i. i : s <;i:\s dû mliî.

200

ii l’aspeci d’un loi de Guinéé , on cosUime de inar<|iiis, entouré d'une coin 1 couvertedo la défroque d’académiciens, de colonels de hussards et de commissaires de ma-rine. Une reine de la Polynésie porte avec majesté l’antique robe d une dame d’hon-neur de Marie-Louise, un collier de verroterie el des boucles d’oreilles en chryso-cale, tandis que ses favoris sont décorés de l’ordre de Cincinnatus ou commandeursde Malte. Cependant, la veste et l’habit étant beaucoup plus en honneur que h’pantalon chez ces nobles personnages, ils ont toujours un léger rapport avec desmontagnards écossais, ce qui ajoute encore au pittoresque de leur accoutrement-

Les.capitaines spéculateurs ont donné l’exemple du commerce d’hommes pour lescolonisations; ils regrettent la traite des noirs et poussent a celle des blancs. L’und’eux, apprenant que de grands avantages seraient attachés à l’importation de cul-tivateurs à Plie de la Trinité, raccola plusieurs familles allemandes el se hâta demettre sous voiles. Ses démarches ne purent être tenues assez cachées, une concur-rence imprévue vint déterminer une baisse considérable, et dans sa correspondanceavec son armateur, on lisait un passage ainsi conçu : « J’ai assez bien placé meshommes, mais je n’ai trouvé que cent piastres des femmes, et l’on ne m’offre riendes enfants. »

11 y a dans l’océan Pacifique un capitaine au long cours qui depuis plusieurs an-nées fait le cahotage des îles Gauthier à l’archipel des Amis, el dont l’espoir esl derevenir en France avec une cargaison de lingots. Quand les lentalives d’un hommeaussi entreprenant viennent à réussir, souvent il renonce a la mer après avoir réalisésa fortune; mais il ne peut se tenir étranger aux affaires, et se fait armateur. Sesconnaissances maritimes inspirent la confiance, son opinion devient d’un grand poidssur la place, il trouve de nombreux associés, et peut mettre à exécution des plans gi-gantesques élaborés depuis longtemps; il est le progrès commercial incarné, donnede l’élan à son port, et joue constamment quille ou double. Ses efforts finissent pa<’un succès extraordinaire ou par une faillite qui le force a reprendre le métier îlecapitaine. Comme armateur, il est le premier à profiter des améliorations de toutenature, se lance corps et âme dans les essais qui valent une prime du gouvernement,et possède une flottille qui fait la contrebande a l’étranger. Loin de redouter larupture de la paix, il esl toujours prêt a équiper des corsaires, et se trouve en me-sure d’en fournir a toute petite nation belligérante. Le Chili et le Pérou sont-ils enétat d’hostilités, il ferait volontiers afficher a Sant-Jago et â Lima : Une jolie cor-vette-aviso de dix-huit canons, doublée et chevillée en cuivre, construite comme unbijou, marchant comme une dorade, montée par cinquante flambards de prenne''brin et commandée par un brave â trois poils ; le tout au plus juste prix.—Lu tem| ,sde guerre, le capitaine aventureux n’hésite pas à demander une lettre de marque;il court ainsi des chances plus hasardeuses encore, et s’il n’est pas pris ou tue,arrive rapidementaux mêmes résultats qu’il eût obtenus en temps de paix par descombinaisons audacieuses et de longues navigations.

Les ports de la Manche et Saint-Malo en particulier se sont signalés de tout icmi*par l’adresse et l’audace de leurs corsaires. A la moindre probabilité d’une guéri’*’prochaine, les négociants qui font, construire sacrifient le tonnage à la liliesse de h’ 1 "'*’