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Province. Tome premier.
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d’excellents vins de Fiance et des provisions lïaîelies. » Quels soupçons concevoirsur un aussi galant homme ? On se met a table, la nuit devient sombre et un fanalest hissé au mât de la prise, tandis que la frégate poursuit tranquillement sa roule.Le corsaire fait les honneurs de sa tahle avec amabilité, ses hôtes se laissent alleraux séductions d'une cave parfaitement montée, le clarcl et le madère coulent àflots, le frenrh brnmhj, pur cognac, est trouvé exquis ; un punch termine cesi bien commencé les vins et les liqueurs du prisonnier de guerre. Fn môme temps,les matelots anglais tombent dans un élat complet d’ivresse, grâce aux soins hospi-taliers de l’équipage du brick. Le moment propice est venu pour une Saint-Barthé-lemy d’un nouveau genre.

t/ptait à la faveur des ombres de la nuit,

Le signal est donné sans tumulte et sans bruit,

et les trop confiants Anglais , nrtislement garrottés, sont rangés côte h côte dans lescatacombes de la cale, comme des momies d’Égypte , dont ils ont du reste l’insensi-bilité. Après celte brillante expédition, les corsaires substituent à leur bâtiment unesorte de lourd radeau construit à faux frais et haut mâté, de manière 'a y placer lefanal, établissent silencieusement leur voilure, et gagnent le large en toute liâte. b ;1frégate, sentant toujours un lourd fardeau à la traîne, ne découvrit le stratagèmequ’au point du jour: le fugitif paraissait encore à l’horizon. Aussitôt elle prendchasse, et une lutte de vitesse s’engage entre les deux navires. Ils se chargent 'I etoile, craquent et ploient sous la brise, effleurent â peine la mer. L’Anglais se croitengagé d’honneur a reconquérir sa proie; mais, reconnaissant bientôt que le brickest plus agile, et ne voulant pas s’avouer vaincu, il simule des avaries et s’arrêtecomme pour les réparer. Le corsaire devine cette fausse honte et en profile pom’prendre sa revanche; il met en panne aussi, imite ironiquement chaque manœuvrede la frégate; et enfin, pour couronner dignement la plaisanterie maritime, il li''*’un salut dérisoire avant de disparaître. Les officiers et matelots anglais , prisonniersà leur tour, furent poliment traités par leur adroit capteur et déposés au preinie''port neutre qui se trouva sur la route.

Les mers de l’Inde ont retenti des exploits de nos corsaires; la plupart cependa» 1restent embusqués dans la Manche. Toujours prêts a appareiller, ou planant à peudistance des côtes, ils guettent au passage et chassent toute voile qui paraît. Lors-que ces vaillants croiseurs renlrent au port suivis d’une prise, ils sont accueillis P a 'les acclamations populaires. Quelquefois ce sont, de longues et noires péniches q 01vont surprendre les bâtiments accalmis, quelquefois de jolis cotres plus légers q l,pdes alcyons. Dès que l’on arme en course, tous les habitants du littoral voudrai^ 11 *être corsaires ; l’on a vu de maladroits imitateurs, pareils au corbeau de la fal'l®-s’exposer dans de méchantes embarcations et donner lieu ainsi à des scènes aussi mai-heureuses que ridicules, l.es hommes d’une chaloupe de pêche, apercevant à Iravei*