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Province. Tome premier.
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LE MA TH LOT.

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<ti'e; alors, le plus souvent, il devient l'homme de sou canon, les amarrages ensont faits par lui avec un soin tout paternel, il le noircit, l’huile, le brosse, le frotte,le fourbit a toute heure. On reconnaîtra au premier coup d’œil la pièce d’un matelot,elle sera toujours dans les extrêmes : ou vernie, étincelante, fardée et parée commepour la noce, ou entièrement négligée. Dans ce dernier cas, il n’y a pas de re-mède : il faut donner au matelot un autre poste. Les retranchements, les haubans,les fers, la consigne, toutes les punitions seront inutiles. « Du canon, vous dira-t-ilavec mépris, c’est un grand fusil ; je n’ai jamais ciré de giberne, moi, et quandj’étais suri’ Attrape-moi si tu peux, c’était le mousse qui astiquait la faribustière 1 .— Quoi ! maraud, tu as été pirate?—Non pas, monsieur, s’il vous plaît, j’auraislait peine a ma mère, la pauvre femme ; Dieu m’en garde ! — Et qu’élait-ce donc queton Attrape-moi si tu peux? — Un joli goélette, trou de balle! une hirondelle demer, quoi, construite à Nantes , qu’on n’en a jamais vu de pareille! un navire lin,lin comme la lame de mon couteau, un vrai bijou a pendre dans une église. —.Je nete demande pas cela ; que faisait-on la-dessus? — Chargement de bois d’ébene 2 . pasdavantage. —Tu m’as l’air, mon gaillard, de l’avoir mis a bord plus de quatre foisau bas de la rivière 3 . — Eh ! ma foi, pourquoi pas ? faut bien le dire, la cargaison»e nous coûlait guère qu’une gargousse. — J’avais donc bien raison de te traiter dePirate . — Pardi non, sauf votre respect; le capitaine n’aurait pas touché à un mar-eliand de gomme pour cent tonneaux de doublons. »

Cet homme, dont la conscience semble si élastique, qui ne trouve aucun mal adépouiller un confrère négrier, ce matelot ne déroberait pas une épingle ; il ne re-tiendra un couteau esclave que si le sien a disparu, et fera par plaisir l'aumône deSi t paie si l’occasion s’en présente.

En janvier J 852, une frégate de premier rang venait de désarmer a Koclie-lor t; les matelols chantaient et dansaient des rondes a l’entrée de l’Arsenal; ilsav aient touché leur décompte et devaient partir le lendemain pour regagner leursquartiers respectifs. Les trois cents marins s’abandonnaient à leur joie avec fréné-Sle , les marchandes leur vendaient des cannes, des étuis de ferblanc pour leursleuilles de route, et leur distribuaient de larges verres de croc. La plupart s’étaientParés de gilets a ramages, et la population attroupée admirait la place transforméeen un vaste gaillard d'avant, par un jour de Sainte-Barbe ou de passage du tro-P 1( lue. Un vieux mendiant, avisant un novice de seize à dix-huit ans, se précipitaVe rs lui et le serra dans ses bras en l’appelant son flis. Le novice se recula brusque-n,e| it, lui dit quelques paroles dures, et refusa de le reconnaître. La danse s’arrêtaaussitôt, un vaste cercle de spectateurs silencieux se forma autour des deux acteurs

| t'aribustiéi e an lieu de b'libvsliére, nom propre du canon des négriers armes.

Chargement de noirs. — l.a traite. .

( * l-es négriers armés attendent les autres négriers à reml.oucl.ure des fleuves de la côte d Afr.que,t l0| Jr s'emparer par force de la cargaison.