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principaux, dont le débat lut long. Le père, après avoir tout dil, se prit a pleurer; lenovice voulut rejoindre ses camarades, mais une voix s’éleva de la foule : « C’est sonpère, j’en suis sûr; » et une justice brutale eut lieu sur-le-champ. Le vieillard es-sayait en vain de l’entraîner, une grêle de coups accablait le malheureux garçon,qui finit par tomber couvert de contusions et de sang. L’équipage se retira versl’extrémité de la place, et un vieux quartier-maître, montant sur une borne:
« C’est pas tout que du fil et du goudron, il faut encore du savon. C’est juste etraisonnable, comme dit le curé, de casser la gueule à des enfants qu’a pas de cœur,mais atout du roi de chique! Celui qui renonce mange la carte! faut aussi gréer lebonhomme en vrai trois-mâts de Bordeaux . J’y donne 20 francs. » Et à ces mots iljeta la somme dans un chapeau, qui fut rapporté tout plein au mendiant, forcé deplus a boire bouteille avec les anciens de la cale.
La piété filiale et la libéralité ne sont pas les seules vertus du matelot; il est re-connaissant à l’excès : une parole franche, un encouragement dans son style, vousvaudront son amitié, et alors son dévouement est sans bornes. 11 a bientôt jugé sesofficiers, et celui qu’il aime le mieux n’est pas le moins sévère, mais bien le plus loyal)pourvu qu’il soit bon manœuvrier. Les louanges de ce lieutenant fini retentissentde l’avant a l’arrière; il n’est pas permis de carogner quand il commande le quart-Mais, s’il arrive que le bien-aiiné des matelots soit le commandant du navire, le ba-timent devient aussitôt un modèle de discipline et de tenue, une machine invin-cible. Les exemples malheureusement en sont rares : la faute en est a ceux q 111 -appelés à gouverner des hommes de cœur, ne les comprennent pas; et, de mêmequ’on a vu des équipages s’opiniâtrer à mourir parce qu’ils aimaient leur chef, d emôme on se rappelle l’effrayante circonstance d’un refus absolu de combattre, P alhaine pour le commandant. Le fait eut lieu a bord d’une frégate, pendant les det'nières guerres ; les marins, immobiles et muets devant leurs pièces, s’obstinèrent,sous le feu de l’ennemi, a ne pas répondre â la canonnade. 11 fallut amener p a 'villon sans avoir brûlé une amorce; et ce ne fut pas lâcheté, ce fut vengeance contreun seul, abhorré de tous. L’on se serait battu jusqu’au dernier soupir sous un autre,et que n’eût-on pas fait pour ce père des matelots, comme l’appelait son équipaS®’qui, abandonnant le commandement de son vaisseau en rade de Toulon, après l’exp e 'dition d’Alger , fut salué des cris spontanés et mille fois répétés de « Vive le comnia' 1 'dant! » Tous les hommes s’élancèrent d’eux-mêmes sur les vergues et les bastingag eS >et, agitant leurs chapeaux en l’air, ne cessèrent leurs cris qu’au moment où le cano 1du brave capitaine disparut en entrant dans le port.
Le matelot se subdivise en une infinité de types divers. Le pêcheur des côtes i> eressemble pas au marin de long cours, qui est ici notre principal modèle, et thiu 1le conscrit du centre de la France , arraché a la charrue paternelle pour venir balay eIles ponts des navires de guerre, n’est qu’un pâle reflet. Quelquefois cependant on avu ces derniers s’amariner peu à peu et devenir gabiers en dépit des obstacles; 0,1en connaît qui sont arrivés au grade de maître de manœuvres, c’est-à-dire aux c °tonnes d’Hercule . Mais de pareils avancements sont très-rares : j’en citerai en P a ®saut un plus extraordinaire encore, celui d’un avocat de Paris qui, s’étant enrôla