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UiS GENS DE MEK.
éclats Je lire prolongés à chaque yrasse parole ; mais, hors cette heure et ce lie 0(exceptons encore toulefois le cabaret un jour d’ivresse), hors ces moments réservésà une sorte de débauche, le matelot ne veut rien d’ordurier. Ce n’est pas à desseinqu’ilemploie une expression obscène, et s’il fait un repas (terme technique) il aimeque la décence y règne jusqu’au moment obligé où les coups de poing serviront depéroraison aux entretiens de l’assemblée. Le dimanche quelquefois, après un assautd’armes, de danse ou de bâton, les maîtres et les prévôts dresseront une table dansla batterie, un rôti et une salade seront les bases du festin, et alors, si quelque chan-teur se fait entendre selon l’usage, les plus langoureuses romances seront toujoursles plus applaudies. A bord des navires, a Le noble éclat du diadème, — Jeune fiU eaux yeux noirs,—Le nom de celle que j’aime, etc., » florissent au grand jour, tandisque les chansons fortement épicées sont uniquement consacrées aux bacchanalesnocturnes. Il en est de môme des contes : ce n’est que pendant le grand quart qu’unvieux navigateur se permettra l’histoire de la princesse Trimaille et du célèbre Sans-l’eur.
L’imagination du matelot est vive, ses rondes et ses récits abondent en saillies,mais son originalité se révèle surtout dans ses plaisirs et ses voyages par terre. Unvieux gabier du Méléagre obtint un jour de descendre à Livourne ; son premier soinfut de louer un musicien et d’aller boire avec lui ; ensuite il se fit conduire de carre-four en carrefour, dansant tout seul aux yeux de la populace ameutée qui le suivaitdans sa course. Au bout de quelques heures, l’attroupement était devenu si consi-dérable, que l’autorité lui fit signifier de sortir de la ville. Le gabier, toujours pr e 'cédé de son musicien, ne se tint pas pour battu, et se rendit dans les faubourgs, ouil continua son manège jusqu’au soir. A son retour a bord, il était enchanté de lui,et ne cessait de se vanter d’avoir dansé partout, dans la ville comme dans les envi-rons. Ses camarades partageaient tous son opinion, et plus d’un se promit del’imiter.
A quelque distance de Brest , la diligence rencontre un jour un marin congédié quibêle le postillon et veut monter pour faire deux lieues : « Cela vous coûtera 50 sous-— Je ne te demande pas ce que ça me coûtera ; je te demande s’il y a de la place,oui ou non. » Il monta ; le marin amusa tous les voyageurs par sa gaieté ; l’on sut delui qu’il allaita Saint-Malo pour s’y établir. Le matin même il avait expédié ses effetsparun caboteur où il aurait trouvé passage aussi et gratuitement. « Mais pas de ça,je veux voir les amis sur la route, j’ai de l’argent comme un marchand de cochons,faut que ça roule ! » ajouta-t-il en frappant sur son gousset. Les voyageurs, à forcede raisonnements, l’avaient déterminé à continuer jusqu’à une douzaine de lieues-« Eli bien! je ne dis pas non, vous êtes de bons enfants; si le conducteur me pren<lpour 40 sous, je file mon nœud avec vous. » O 11 ne put le faire départir du pr ,xqu’il venait de fixer. Il avait donné sans balancer 50 sous pour deux lieues, on lu'demandait 5 francs pour en faire dix autres; il s’en alla mécontent : « Ces gens-la»dit-il ne connaissent rien de rien a la navigation; une fois embarqué et quand I efret est fait, n’y a pas justice à doubler le prix du passage. »
lin dernier exemple de la manière de voir bizarre des marins se représente f*' e '