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déraisons pour qu’il se croie un personnage. Par compensation, il affecte des formesde politesse, cherche a faire preuve d’éducation, et se pose en beau parleur : c’estsurtout quand il donne aux curieux la nomenclature de sa machine qu’il est d’unefaconde a toute épreuve. 11 sait, a la vérité, que des visites semblables lui rapportentun honnête casuel, mais il le gagne en conscience.
« Messieurs et mesdames, dit il, donnez-vous la peine d’entrer. Vous voici dans lamachine ; arrêtons-nous sur la plate-forme, je vas vous expliquer tout ceci du lin aulin, tout aussi bien pour le moins que monsieur Arago ou monsieur Mallette lui-même. Les yeuxvous tournent, vous n’y voyez que du fer et du métal : tout à l’heure,ça va vous sembler clair comme le plateau de ce cylindre, la pompe à air, sansvous commander. Voici d’abord le grand tuyau de cuivre fourchu; nous l’avons faitrouster, comme qui dirait garnir, en corde par les gens du pont pour ne pas nousbrider les mains: c’est physique! on est mécanicien sans avoir pour cela la peauassurée contre l’incendie. C’est donc dans ce grand tuyau que passe la vapeur ausortir de la chaudière. Suivez-la maintenant dans sa course symétrique; elle descend,descend dans ces cylindres ici, les premiers à droite et a gauche, gros qu’on diraitdes tours, et de fameuses tours de passe-passe, où passent perpétuellement les grandspistons qui montent et descendent par le moyen des tiroirs, voyez-vous ? qui sont ladedans, et que vous ne pouvez voir par conséquent, mais dont je veux vous donner ladémonstration de l’application par suppositions. »
Nous ne suivrons pas le chauffeur dans toutes les parties de son discours, qui dureplus ou moins longtemps, suivant l’importance des visiteurs, mais pendant lequel ilne manque jamais de détailler la métamorphose de la vapeur en eau avec des réflexionset des remarques a lui, qui varient constamment.
« Ainsi, dira-t-il en montrant le condenseur, la vapeur vous arrive là; elle croitbonnement pouvoir s’échapper et qu’elle a fini son service. Ah ! ah! mam’zelle l aparesseuse, à l’ouvrage! nous sommes eu route ! et chauffe ! C’est pour ça, voyez-vous,qu’est ce tuyau-ci, pas plus gros que votre doigt, ma petite dame ! On ne l’a pas logedans ce coin pour fignoler, ce n’est pas un fainéant, lui : il vous prend la vapeur, l adéshabille comme vous feriez de votre poupée, et la voilà partie ! Crac ! retournée eneau dans la chaudière pour bouillir encore une fois. Voilà, messieurs et mesdames)le secret, l’admirable invention des grands savants par les calculs de qui on peut semoquer des vents et des voiles comme d’une vieille boutique à quatre sous, bonnetout au plus pour affriander des matelots et des enfants en nourrice. »
Après cette digression sur le condenseur, viennent les définitions de la pompe aair, des bielles, des manivelles, de l’excentrique, de l’axe, et l’on arrive à la chau-dière. Les tuyaux qui communiquent à la mer sont encore le sujet d’une nouvelletirade, elle démonstrateur reconduit enfin la compagnie jusqu’à l’échelle. 11 net' 6 'cevra pas la pièce ostensiblement, et jamais d’une dame, qu’un monsieur reste seulen arrière pour la lui offrir ; sans cela, il redressera le collet charbonné de sa chemiserose à raies bleues, fera un pas en arrière, et, souriant d’un air aimable : « Jam alS •jamais! je suis tant seulement satisfait d’avoir pu être agréable ii ces demoiselles euleur faisant mon petit cours de mécanique à la vapeur. »