POPULATIONS MAL [TIMES.
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Le chauffeur devenu maître mécanicien est le moi humain élevé a la centièmepuissance; mais jusqu’ici cet avancement a été l’exception: la plupart des places demécaniciens sont accordées à des contre-maîtres d’usine qui sont loin de secroire une aussi grande importance, et n’ont qu’une dose moyenne de vanité pé-dantesque. Le chauffeur, enfin, est l’espèce maritime la plus facile il rencontrer, caril fait indifféremment de la navigation hauturière ou intérieure, et pratique égale-ment sur l’Océan et sur la Seine .
Si les forgerons hors du service de l’état ne se trouvent que sur les baleiniers oules bâtiments il vapeur, les voiliers sont encore plus rares a bord des navires mar-chands; mais comme les cordiers, les perceurs, les peintres, les sculpteurs et tantd’autres qui travaillent constamment pour la marine, bien que ne naviguant pas :ils doivent être classés dans la population maritime.
Nous ne nous sommes occupés jusqu’ici que des ouvriers du commerce, reste ilparler de ceux des arsenaux , c’est-'a-dire de la variété la moins digne de faire partiedes gens de mer.
La misère, l'ignorance et les tentations les entraînent trop souvent a commettredes vols dans le port; l’esprit de pillage est leur maladie chronique : leurs demeuresne sont meublées que d’ustensiles dérobés, ils n’y plantent pas un clou qui n’ait étéemporté de leur atelier. Ils recèlent et vendent tout ce qu’ils peuvent soustraire. Ilssont assujettis cependant â une sévère discipline ; la moindre infraction les fait im-pitoyablement chasser ; ils sont soumis â des fouilles chaque fois qu’ils sortent :toutes les précautions sont impuissantes. Ils ont une habitude de la fraude qui metla surveillance en défaut, et s’exposent ainsi à perdre leur gagne-pain pour deslarcins minimes, mais dont la répétition journalière donne annuellement lieu àd’énormes délicits. Et pourtant, une fois expulsés, ils ne peuvent rentrer dans l’ar-senal; leurs emplois sont fort recherchés, et l’on trouve toujours plus de sujets qu’iln’eu faut pour les besoins ordinaires du service. L’un des grands vices de nos portsde guerre, est l’emploi des forçats concurremment avec les ouvriers. Ces dernierss’habituent au spectacle du crime, el se familiarisent avec la perspective du bagne.C’est ce que confirme l’odieuse dénomination d 'ouvriers libres, adoptée par le baspeuple pour les désigner. Cette expression semble établir une parallèle entre eux elles galériens, 'a qui l’on donne souvent à l’inverse le nom trop doux de compagnons.En créant des écoles élémentaires pour les enfants, l'on a espéré combattre en euxdes mauvais penchants enracinés dans leur caste; il est au moins douteux qu’on yparvienne par une éducation aussi superficielle, mais il reste avéré que le contact desforçats sera toujours un obstacle au progrès de la moralité des ouvriers. C’est â peines’ils considèrent leur délit connue un mal, la plupart n’y voient qu’une sorte de con-trebande ; il y en a qui ne déroberaient pas une épingle en ville, et 11e se font aucunscrupule de prendre des outils, des morceaux de cuivre, des clous, des serrures, de•a corde et du bois travaillé. Autrefois on leur accordait une heure pour aller dîneroliez eux au milieu de la journée, on l’a supprimée pour diminuer l’action du volquise renouvelait alors deux fois par jour. Aujourd’hui ils restent dans l’arsenal, oii leursleinmes viennent h midi leur parler h manger, el quoiqu’on ne laisse pénétrer ces