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ils se confondent clans les mûmes plaisirs, se réunissent dans les mêmes lieux; ilsdiffèrent en cela seulement qu’ils ne portent pas livrée et ne s'intitulent ni guerriersni royaux.
A bord, leurs idées, leurs désirs, leurs allures changent totalement.
L’équipage d’un baleinier ne se compose pas d’ailleurs, comme celui d’un bâti-ment de guerre, d'individus recrutés parmi les conscrits, et forcés de s’enrôler sansréflexion. Les hommes qui adoptent la navigation baleinière l’ont choisie librement,déterminés sans doute, dans ce choix, par quelque motif de préférence. Ces avan-tages, réels ou imaginaires, ont donc également pu sourire à des gens de tout âge,de professions variées. Aussi voit-on chaque année se présenter au bureau de lamarine du Havre un assez grand nombre de gens qui s’enrôlent, comme novices,pour un voyage d’essai, et dont les uns semblent par leur âge devoir plutôt solliciterleur admission aux écoles de mousses, d’autres réclamer leur retraite.
Ils ignorent a terre ce qu’ils auront à souffrir à bord; et, s’ils interrogent ceuxqui en ont acquis l’expérience, ils n’en apprennent rien qui les détourne de leurprojet ; soit que les matelots auxquels ils s’adressent en aient momentanément perdule souvenir, soit qu’ils veuillent, de cette manière, se venger de l’injustice des ha-bitants des ports, qui n’ont aucun égard pour leur mérite réel; soit enlin qu’ils suréjouissent de voir partager leurs peines et leurs périls par des hommes qui lescroient attachés ii une navigation amusante et oisive.
Il en est bien peu, parmi ces novices, qui au retour aient conservé le goût dumétier; mais ils ne peuvent considérer comme temps perdu celui pendant lequeltls se sont exercés à des travaux qui ont doublé leurs forces; ils devront d’ailleursdésormais apprécier les douceurs de la vie de terre. Ils se consolent donc, et, munisdu titre de voyageur qui fait ouvrir de grands yeux aux habitants des villes, ils vontchercher dans l’intérieur de la France une occupation plus calme et moins dange-reuse.
Quelques-uns cependant embrassent courageusement ce métier pénible qui ne•eur procure que peu de gain, une nourriture dont le détail dégoûterait le lecteur,souvent des maladies affreuses auxquelles ils succombent, et qui résultent elles-toêines de l’espace étroit, malsain, humide, qu’on leur accorde a bord.
La boulangerie des bagnes a ses inspecteurs; on écrit à grands frais d’éloquences or les soins que doit aux condamnés la société qu’ils ont offensée. Pourquoi u'in-v °que-t-on pas contre la cupidité homicide des armateurs la surveillance de l'au-torité?
Ces braves gens, il est vrai, ne se plaignent pas a terre; ils oublient dans leur•l°ie les misères passées dont personne peut-être n’écouterait le récit avec intérêt.lla ')s ces villes peuplées de négociants égoïstes.
A qui s’adresseraient-ils donc? Aux philanthropes?...
Demanderait-on d’ailleurs pour les vieux matelots une faible pension? Ils meurenttout jeunes, et, s’ils ont échappé tant de fois à la mort, une providence surhumainev °dle sans doute sur eux et dispense les hommes de les protéger. Les philanthropes