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Province. Tome premier.
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LE M I SS ION N A I HE.

(|ii’un trépas de tous les jours : c’est la seulement que les missionnaires peuventtrouver un abri pendant la persécution. Ces forêts sont profondes; lorsque la pcrsé-culion éclate, les chrétiens du pays y conduisent le prêtre, un homme veille à saîtarde, tandis qu’un autre lui apporte une fois par jour ses aliments. L’air est siépais dans ces forêts, qu’on y respire à peine, et les végétaux en putréfaction don-nent des vertiges. Les eaux, coulant depuis leur source sur un lit de feuilles et debois corrompus, sont un véritable poison ; on n’en boit jamais impunément. Lamaladie qu’elles occasionnent est une espèce d’bydropisie qui se change souvent ensquirre, quand le malade n’en meurt pas au bout de quelques jours. Ainsi ces pau-vres missionnaires rencontrent la mort dans les endroits même où ils sont le plusassurés contre elle !

Nous touchons maintenant au pays où le dévouement du missionnaire peut êtreapprécié dans toute son étendue. Formez un faisceau de tous les héroïsmes que l’es-prit peut se représenter, et vous aurez le missionnaire chinois Le tableau de sa viesera plus éloquent que toutes les phrases du monde. Les Lazaristes et les MissionsEtrangères représentent l’apostolat français en Chine. Le noviciat lazariste à Macao coûte 15,000 francs d’entretien; quatre missionnaires français en Chine dépensent20,000 francs, et vingt lazaristes chinois en absorbent 20,000.

Les missions lazaristes en Chine sont au nombre de six : elles sont situées dans lesprovinces de-Pékin , du Hou-Quang, du Ilonam, du Kiang-Si, du Tché-Kiang et duKiang-Nam ; six missionnaires européens les dirigent aujourd’hui avec l’aide de dix-sepl lazaristes indigènes, et de dix-huit catéchistes. Le nombre des chrétiens qu’ellesrenferment est d’environ quarante mille, dispersés sur toute cette immense étenduede pays qui renferme presque la moitié de la Chine, depuis Pékin jusqu’à Macao .La peste, la famine, les tremblements de terre, tous les fléaux auxquels viennent sejoindre les excès du despotisme, effrayent ces populations et les déciment tour àtour. Soit par l’effet des persécutions, soit par les difficultés de s’introduire en Chine ,les chrétiens de ces localités restent quelquefois plusieurs années sans voir un mis-sionnaire. Alors leur zèle diminue, leur ferveur décroît, leur piété se dissipe, ils enviennent même quelquefois jusqu’à oublier leur nom de baptême, et quand le prêtrereparaît, c’est pour lui un travail tout entier à refaire, et des miracles de conver-sion à opérer. Avant de pénétrer dans le pays, il faut que le missionnaire étudie,non-seulement la langue, mais encore la manière de marcher, de saluer, de secoucher, de manger, de se moucher des Chinois : c’est là une science difficile etimportante; caria moindre inadvertance, le plus léger accroc faità l’étiquette, suffi-raient pour trahir l’étranger, et le dévouer pour jamais à la cangue, sinon à lamort. Or, jugez combien cet apprentissage doit être difficile chez un peuple qui nefait rien de même que les autres, et qui attache de l’importance à tout.

Enfin le jour du départ est arrivé, tous les préparatifs sont faits, le missionnaireva quitter Macao . Il faut qu’il dise adieu à des supérieurs qu’il respecte, à des amisqu'il aime, et qu’il ne reverra peut-être jamais : c’est pour lui comme s’il abandon-nait une seconde fois sa famille et sa pairie. Le guide qui doit l’introduire dans cemystérieux empire, donl on raconte des choses merveilleuses el terribles n’allend