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Province. Tome premier.
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LE MIN EUH.

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blicaines du tambour de l’endroit. Les gâteaux bénits, l’ingénieur est reconduit àgrand renfort de musique par ses ouvriers, qui le laissent jusqu’au soir chez lui,où, après avoir bien pataugé dans les boues des environs, bouteille d’une main etpistolet encore fumant de l’autre, ils viennent le reprendre pour lui faire les hon-neurs d’un modeste dînera la gargote la plus confortable. Au banquet, le maître-mineur et les surveillants se placent auprès du chef, puis pêle-mêle la foule avinée,qui conserve toutefois assez de bon sens pour se rapprocher, autant que possible,de l’astre autour duquel devront nécessairement graviter les meilleurs morceaux etles vins du meilleur cru. L’ingénieur débute par un toast a la prospérité de la mine,et profite des bonnes dispositions de la masse pour faire une collecte en faveur dequelque mineur malade ou trop chargé de famille. Ils ont assez bon cœur pour ré-pondre toujours à ce généreux appel. Ces collectes, et la masse alimentée par lesamendes et les retenues, subviennent aux nécessiteux de l’exploitation. Le chefprofite aussi de ce moment pour faire connaître les promotions nouvelles des ou-vriers à des grades supérieurs. Au dessert, les malins de la troupe proposent unechanson a boire qui fait les délices des amateurs, et l’on prête complaisamment l’o-reille à une cacophonie étourdissante. Enfin le chef se lève et se retire. La société,loin de pouvoir en faire autant, aime mieux discuter, se battre, et en définitive s’ef-facer sous les tables, où le lendemain on retrouve ces messieurs s’éveillant et prêtsà s’écrier : Cré nom d’un nom, }’ nous sommes-t-i amusés ! Quelques-uns cependantont pu se rendre au bal, qu’ils avaient fait préalablement annoncer. Dans beau-coup d’endroits, le second jour suffit; les mineurs jouissent donc encore du len-demain delà fête, puis les travaux reprennent comme auparavant, et tout rentredans l’ordre : labeur assidu, obéissance, abnégation, dévouement, tout revient pourune année entière; l’égalité de la veille est disparue (l’égalité est un rêve qui nepeut guère durer plus longtemps...), et l’ingénieur reprend son attitude sévère,mais paternelle. La Sainte-Barbe étant un jour d’amnistie générale pour les amen-des, on n’est pas surpris de voir, dès huit jours auparavant, une foule de mineursfaire des infractions notables à la discipline.

Mais qui ne se sentirait disposé à pardonner quelques escapades à ces hommes,il ces hommes misérables, et que d’un instant a l’autre la mort peut frapper de vingtmanières différentes? On se trouve plus indulgent devant des catastrophes aussinombreuses ;'quand on voit la nature si menaçante, on n’a pas le courage d’êtreinexorable. Passons un peu en revue les chances de mort auxquelles ils sont jour-nellement exposés, et tâchez que la peur ne vous prenne pas. Nous aurons :

1° L’explosion du grisou ou gaz hydrogène, dont ne garantit qu’imparfaitementla lampe de Davy, surtout lorsqu’elle se trouve entre les mains d’un ouvrier im-prudent et assez fou pour essayer d’y allumer sa pipe, ce qui, d’après la législationspéciale, n’est autre chose qu’un cas de galère (la il y a faute de l’ouvrier, l’in-dulgence doit nécessairement disparaître );

2° L’asphyxie par le gaz acide carbonique ou asphyxiant, qu’a raison de sa pe-santeur on parvient difficilement â chasser des excavations; ou encore par la fumée