LU MINEUK.
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les échelles vont passez vite, ou qui s'asseye à côté de la benne !... Allons, voyous,bois un coup et pique ferme ! » Mais, tout en disant cela, le mineur court en cama-rade intrépide et généreux, dès qu'il s’agit de porter secours à un des siens enpéril ; et si malheureusement l’accident est complet, et que le camarade soit retiréasphyxié ou écrasé de l’eau, des éboulements ou des gaz homicides, le mineur s’at-triste, devient pensif, laisse tomber ses bras, jette la ses outils, et sort de la minepour n’y rentrer que le lendemain, après avoir suivi religieusement le convoi du
défunt.et, disons-le tout bas, s’être légèrement consolé au retour du cimetière.
Du reste, les cols de bouteille leur servent dans la mine à préserver leurs provisionsde la voracité des rats 1 . Un des appareils les plus curieux que l’on puisse voir chezles mineurs est celui dont l’un d’eux se sert quand l’asphyxie d’un camarade vientd’avoir lieu, et qu’on doit aller le retirer des gaz délétères. Il faut qu’un hommepénètre là où un air mortel vient de frapper un homme! Pour cela, l’ouvrier dé-voué s’adapte devant la bouche un tube, qui est la réunion de deux autres, et danslesquels, au moyen de pistons et de soupapes, l’air vital d’un côté, contenu dans unréservoir porté à dos ou sur un petit char, répond et obéit à l’aspiration du mineur ;tandis que, d’un autre côté, l’air vicié par les poumons se rejette, et va trouver laflamme de la lampe, qu’il est encore assez pur pour alimenter. Des courroies assu-jettissent l’appareil respiratoire tout autour de la tête du mineur, et une petitepince lui prend le nez pour fermer tout passage au gaz meurtrier qui l’environne.Ces réservoirs d’air vital en contiennent pour laisser respirer le mineur ainsi affu-blé, pendant dix minutes ou un quart d’heure au plus. Malgré cela, la respirationest difficile et pénible, et c’est pourtant le plus parfait de tous ces appareils.
Outre les accidents prévus et ordinaires que nous venons d’énumérer, il y en ad’autres imprévus et étranges qui bien souvent viennent jeter un surcroît de déso-lation parmi les travailleurs. Pour vous en donner une idée, je vais vous en conterun arrivé au Creusot il y a quelques années. Quand les bennes montent et descen-dent, le mineur chargé de remplacer la vide par une pleine se tient toujours aubas du puits, attendant que l’ascension de l’une lui ait fait descendre l’autre. Au-dessous de chaque benne, il y a une espèce de poignée, que saisit toujours le mineurdès qu’il est à portée, pour donnera la benne la place qu’il lui convient le mieuxqu’elle ait. Un jour cette manœuvre avait lieu; le mineur du bas attendait. La bennedescend, il va bientôt la saisir; elle bésite un instant, mais une légère secousse
‘ Voici comment. 11 n’y a pas dans les galeries le moindre recoin ménagé pour la commodité des mi-neurs. Les provisions qu’ils descendent avec eux doivent donc être déposées à leurs rntrs. à terre, sur lecharbon, n'importe où. Comme la plupart des mines sont peuplées de rats, et qu’il y a peu d'endroits queces Irotte-menns ne puissent atteindre, les provisions des travailleurs se trouvaient souvent lésées. Ceux-ci, voyant des ravageurs si obstinés, ont imaginé, en lutteurs adroits, de mettre leurs morceaux de pain etde fromage dans une espèce de cabas, qu'ils suspendent avec une ficelle à un bois de la voûte ; puis, pre-nant le cou d'une bouteille, dans lequel ils ont laissé le bouchon, ils font au bouchon un trou où passe seu-lement la ficelle. Un nœud retient le verre à distance moyenne de la voûte et du cabas, et quand un ratassez hardi pour se laisser glisser sur la corde arrive au cou de bouteille... bonsoir! le verre est trop poliraton glisse à terre, et si le mineur le voit, un coup de pie fait son oraison funèbre.