LKS OUVRIERS 1)1 FER. 587
s’avisent de se jeter du sable a la tête, de casser les vitres ou les côtes de leurs col-lègues.
Les chargeurs, qui vivent à peu près en plein vent, sont moins noirs, moins té-nébreux que les autres ouvriers des fonderies. Leur visage, leurs pantalons de toile,leurs blouses ou vestes, conservent presque entièrement leurs couleurs primitives.Ils n’ont d’autre instruction que des lambeaux de catéchisme, et, malgré la modi-cité de leurs émoluments, ils parviennent, a force de sobriété, a réaliser des éco-nomies.
Les manœuvres aident a porter la fonte, a terrer les moules, a les claveter ', àhisser les chaudières aux grues. Voués a un labeur accablant, ils jugent a propos dese délasser au moins le moral par de fréquents et abominables jurons.
Pendant une semaine, la journée des fondeurs commence à six heures dumatin, et linit à six heures du soir ; la semaine suivante c’est l’inverse. Ils aiment àcompenser l’effrayante déperdition de leur fluide par des libations multipliées, et sileurs femmes en grondent, des coups de poing sont Vnltima ratio de ces époux malappris. Ils peuvent a la vérité alléguer pour leur justification que, loin de leur res-sembler, leurs moitiés sont de parfaits modèles de paresse et d’indolence, bonnestout au plus à leur apporter des comestibles, pendant que, le ringard h la main, ilssont de garde auprès du fourneau.
Les mouleurs savent lire, écrire, tracer et quelque peu modeler; aussi préten-dent-ils être considérés comme artistes. Ils professent un profond dédain pour leurscollaborateurs, et ne leur épargnent nullement, pendant le travail, les épithètespeu flatteuses de savetiers, imbéciles, ou animaux. Ils se nourrissent substantielle-ment, et ignorent a quoi peut servir la caisse d’épargne. Ouvriers nomades, ils chan-gent souvent de fonderie, passent de l’Ailier dans la Corrèze, de la Côte-d’Or dansles Hautes-Alpes, de l’Aveyron dans la Meuse .
.... Quiconque a beaucoup vu,
Doit avoir beaucoup retenu.
La physionomie des mouleurs est empreinte, en effet, de cet air dégagé et intelligent qui distingue les ouvriers des grandes villes. Les jours de travail, ils se con-tentent d’un bonnet de tricot bleu, d’une blouse, d’un large pantalon, et de souliersde cuir massif; mais, le dimanche, ils s’habillent avec recherche, revêtent un fracélégant, chaussent des escarpins, se superposent des chapeaux de soie.
H en est jusqua trois, que je pourrais citer.
qui se permettent de porter des gants.
Vous venons d’assister à la fabrication de la foute ; mais si l’on veut l’aftiner, la
Attacher avec îles chevilles île fer plates.