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5X1
— Porlez-les chez mon père,llu ! oh ! la ! oh ! Io ! la ! oh ! lo !Portez-les chez mon père,
Il tous les achètera, la, la, la.
11 vous les achètera.
La belle fut chez le père,llu! oh ! la ! oh ! lo, la ! oh! lo !
La belle fut chez le père.
— Que m’apportez-vous là ? la, la, la.Que m’apportez-vous là?
— Monsieur, c'est des oranges,
Hu ! oh ! la ! oh ! lo ! la ! oh ! lo !Monsieur, c'est des oranges,
Que je porte à Gana, la, la la.
Que je porte à Gana.
— Remportez vos oranges,
Hu ! oh ! la ! oh ! lo ! la ! oh ! lo !Remportez vos oranges,
Vout’ panier dans vout’ bras, la, la, la ;Pour moi, je n’en veux pas.
L’auteur du Chef-d’œuvre d’un inconnu aurait prouvé sans peine que cette chan-son égalait les plus beaux poèmes de l’antiquité. Il en eût fait ressortir le sens caché,il eût développé les intentions séductrices du fils de l’avocat, sous-entendues par lerimeur populaire; quanta nous, nous ne chercherons point ii pallier le peu de mé-rite littéraire de ces simples et naïves paroles. Pour en comprendre le charme, il im-porte de les metlre en scène, de les environner des circonstances locales qui en re-haussent l’effet. L’air en est merveilleusement approprié au piétinement des chevaux ;et, vers la tombée du jour, dans un chemin bordé de sablonnières rouges et de chênesverts, cet air, répercuté par les échos, accompagné du tintement du clairon , a desaccents mélancoliques qui s’harmonisent avec le silence mélodieux du soir.
La nuit descend ; la lune sème ses paillettes sur les feuilles ondoyantes ; oùcoucheront nos voyageurs? pas une branche de pin ne signale la porte hospitalièred’un cabaret; pas une cheminée ne fume a l’horizon. Mais le charretier de hâls n’estjamais embarrassé de trouver un gîte. Voici une prairie; l’herbe y est touffue; letrèfle et la luzerne y répandent leurs fraîches senteurs. A qui appartient-elle? peuimporte. Si elle dépend du domaine de quelque propriétaire barbare envers les mal-heureux en général, et les charretiers de bâts en particulier, tant mieux ! l’heure dela vengeance a sonné. Les chevaux démuselés sont lâchés dans le pré. Le charretierde bâts s’adosse â une haie, s’enveloppe de son ample limousine, se coiffe d’un bon-net de laine, prend un sac de charbon pour oreiller, et s’endort. Si des gardes ar-rivent, il a pour les entendre la finesse d’ouïe d’un sauvage ; il se lève, saute sur samonture, fait tinter le clairon. Il siffle, il appelle: « Ohé! Cascari , lirisqnel, t’En-