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Province. Tome second.
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LE LANGUEDOCIEN.

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Les Languedociens sont passionnés pour les beaux-arts. Ils ont l’oreille juste, lesentiment de l’harmonie, le goût inné de la musique, et de vastes prétentions au1 * lre de connaisseurs. Tel est leur amour pour les représentations théâtrales, qu’aUzès , petite ville de sept mille âmes, on a eu, en T 859, l’audace profanatrice dejouer Robert le Diable. LesGrisets de Narbonne ont donné tout récemment avec leplus grand succès une représentation du Serment. A Toulouse , les chœurs du grandthéâtre, comparables à ceux de l’Opéra de Paris, se recrutent parmi les Grisets, qui,' e soir sur les places, entonnent avec une admirable mesure les plus beaux mor-aux des opéras modernes 1 . A l’annonce d’un début, d’une nouveauté musicale,•oute la ville est en émoi. On s’empile dans la salle, on écoute silencieusement, ondéguste tous les airs, on distribue l’éloge et le blâme avec une chaleur frénétique.et si les avis sont divers, s’il y a scission entre messieurs les grisets et messieurs'es étudiants, on se dévoue vaillamment au parti qu’on a embrassé, on échangedes bourrades, on casse des banquettes, et les plus mutins vont passer douze heuresuu violon pour la cause de l’harmonie.

Si, dans ces querelles comme dans d’aulres, les voies de fait suivent promptemeni'es menaces, remarquons que le sang est rarement versé. Le'Languedocien s’é-chauffe aisément, décoche rapidement des injures, comme : Siés un abesti! que toitboun Diou lépatafiolé imbé d’aijgodé mer lasso' 2 . Mais il ne mérite pas la réputationde férocité que lui ont faite les hideux exploits de Jean Dupont Trcs-Taillons, etde Graffan Qualre-Taillons. Il ne va dans ses rixes que jusqu’au coup de poing in-c lusivement, el se contente de terrasser son adversaire, pour avoir la satisfactionde dire emphatiquement : L’ag amaluga, l’ag eimplastra coumo uno pci ili figo, l’agvs erapouchina \

Le Languedoc est la patrie d’une multitude d’auteurs gracieux et faciles, May-l >ard, Lafare, Vanières, le cardinal de Polignac, Brueys et Palaprat, Cailhava, les <Uirique Despazes, Fabre d’Églantine, Boucher, Imbert, Favard, Pieyre, Florian,Iules de Ilességuier, Baour-Lormian, Merle, Alexandre Soumet . « Ces écrivains-l'a,Pourrait dire un humoriste, sont pour la plupart des versificateurs fleuris, littéra-teurs baguenaudiers, chantres élégants, mais sans élévation, dédaignés des gens quiPréfèrent la force à la grâce. » Pour démontrer que les Languedociens n’ont pas quedes madrigaux dans leur bagage littéraire, et qu’ils sont capables des travaux lesplus graves et les plus philosophiques, bornons-nous à citer Bayle, Cujas , le mis-sionnaire Bridaine, l’abbé Sicard, Montgaillard , La Peyrouse, Chaplal, Itabaul-Saint-Étienne, Daru, Barthe et Guizot .

C’est dans la capitale du Languedoc qu’a été fondée la plus ancienne académie deBrance, celle des Jeux floraux. 11 résulte des registres delà ville, qu’au mois de no-vembre 1525, ta gaie société des sept trobudnrs de Tolosa invila les poètes de tous'es pays de la langue d’Oc à présenter, le I er mai suivant, une pièce de vers en

' bc Grifict du midi, par >1. Dauriac, p. i, p. il.

2 Matois du bas Languedoc. (Tu es un imbécile, que le bon Dieu te bénisse avec de l’eau de morue !

5 Patois du bas Languedoc , f.fr l'ai abasourdi, je l'ai souffleté comme une peau île figue; je l’ai écrasér kinine un grain <le raisin. )