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Province. Tome second.
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LE LANGUEDOCIEN.

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•1° la Gascogne, il ressemble à l’espagnol; dans la Lozère , la liante-Loire et lesAvenues, il se rapproche de l’auvergnat; dans le Gard et l’Hérault , il est francisé,e| ses terminaisons sont ordinairement en i et en a. Partout il est gracieux, musical,accentué, riche en onomatopées. Souvent, dans la langue française , il n’y a pas deconcordance nécessaire entre l’expression et la chose exprimée. Ainsi, aucun motifl,e s’oppose a ce qu’on désigne un cheval par un nom tout différent. Une longue ha-'•itude fait que le mot cheval réveille en nous l’idée d’un animal; mais on eût puappliquer ce même terme a un légume, sans qu’il en résultât rien de choquant. Le•lialecte languedocien possède au contraire une infinité de mots imitatifs qui font■Mage, qui peignent l’objet par les sons, et dont on ne saurait détourner le sens‘l'i’en offensant la raison.

Par ses diminutifs multipliés, le patoislanguedocien se prête merveilleusementa la peinture des sentiments amoureux :

T’aimé ben! siés tan poululelto embé labouquetto, embé lis iellous, qué l’ayme-ra y toujours 1 ! murmure le grisel auxoreilles de sa belle, qui, cachée sous unelarge mantille, s’est rendue a une mys-térieuse entrevue. Les grisels composentPour leurs maîtresses des vers, des cou-plets, des madrigaux, tout enjolivés degentillesses (loriancsques. Ils donnentdes sérénades, en ayant soin de fairecrier parles exécutants, afin d’éviter lesMalentendus : « C’est en l’honneur deMademoiselle ***. » Quand la noce suitune cour assidue, ils riment eux-mêmesleur épithalame, et, suivis des conviés,promènent leur fiancée par la ville au son des hautbois et des tambourins. Vous méri-tez bien ces hommages, ô jolies grisettes du Languedoc ! Des gens de mauvaise humeurtrouvent que votre costume est disgracieux, que souvent vos robes bleues d’indienne°u de filoselle de Castres , vos châles de toile peinte, voilent les contours de votreladle; que votre large coiffe à la dévote ombrage impitoyablement vos yeux noirs,'lue vous semblez plier sous le faix des chaînes d’or auxquelles vous suspendez vosciseaux; mais vos charmes triomphent de tous ces désavantages, votre coquetteriesait tirer parti des plus simples vêtements. Avez-vous besoin d’ailleurs de rehausserPar l’élégance du costume votre élégance naturelle? Qui vous a entendues grassevervotre joli patois, qui vous a vues puiser de l’eau dans des vases de forme antiqueaux fontaines pompadour de Montpellier , vieillira sans vous oublier, et votre sou-

Wlflilil. '

‘ ( Jo l'aime bien, tu es si joiie.tte avec ta bonchefte et tes doux yeux, que je l’aimerai toujours. INîmes.

Patois