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Province. Tome second.
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cal; voyez-le traverser rapidement le Léman sans daigner mêler ses nobles vagues,aux ondes protestantes et roturières du lac genevois; écoulez-le mugir sous les pontsde Lyon d’où il s’élance pour franchir d’un bond la dislance qui le sépare du li fnuptial. La Méditerranée l’attend, c’est la fiancée qui le réclame; à quelques lieuesd’Arles son hymen doit s’accomplir; ses rives deviennent tout à coup si riantes, sifertiles, si fleuries, qu’on dirait qu’elles ont retenu quelque chose des désirs dulleuve pour se féconder. Ancien municipe romain, puis, capitale d’un royaume,Arles n’est aujourd’hui qu’une modeste sous-préfecture qui n’a plus que desruines et la beauté de ses femmes pour la protéger. Arles n’a pas d’industrie, c’està peine si de temps en temps quelques étrangers viennent visiter ses magnifiquesarènes, et les derniers débris du cloître de Sainte-Tropbime. La Vénus d’Arles revitdans chacune de ses compatriotes ; àles voir, avec leur taille élevée, leurport majestueux, leurs traits carac-térisés, on dirait les bas-reliefs quimarchent. Leur costume est exces-sivcment pittoresque : un corsageà la taille très-haute et aux manchesétroites; des jupons courts, des basde couleur; des souliers de salinavec une boucle, voila pour le vê-tement; la coiffure est encore plussingulière : un réseau de mousselineassez élevé retient leur chevelure ;de larges rubans, taillés comme desbandelettes, assujettissent avec d’é-normes épingles d’or cette coiffe au-tour du front; des boucles d’oreillesqui décrivent un grand cercle d’orpendent sur leur cou ; c’est ainsiqu’on nous représente l’antique Isisdes bas-reliefs d’Égine . L’Arlésiennejoue en Provence le rôle que lesfemmes de Milet remplissaient enGrèce et à Rome ; ce sont les plusbelles et les plus nombreuses cour-tisanes du Midi. Les Arlésiens sont

mariniers ou agriculteurs; ils luttent contre le Rhône , ou contre les chevaux in-domptés et les taureaux de la Camargue , Caii Marïi ager, pour ceux qui aiment lesétymologies. Le Rhône , a son embouchure, décrit les méandres les plus capricieux ;comme le Nil il a voulu avoir son Delta, et agrandissant de ses alluvions une espècede promontoire qui s’avançait au milieu de ses flots, il a créé la Camargue . Ce paysfertile et malsain peut donner une idée des marais Contins : ce sont les mêmes pâtres

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