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Province. Tome second.
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LE PROVENÇAL.

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fiévreux, les mêmes physionomies mélancoliques, les mêmes occupations sauvages ;la vie se passe a lutter contre des taureaux et à dompter des cavales. Ces marécagesProfonds, ces interminables plaines d’herbes élevées, ces pampas de la Provence, nes °nt pas habitées. L’homme ne bâtit qu’une demeure provisoire au milieu de cettee °ntrée malfaisante : il ne faitqu’y camper. Lorsque le temps des moissons est arrivé,‘I innombrables bandes de travailleurs se répandent dans toute la campagne ; les épis’onibent, les gerbes s’entassent; tout le monde lutte d’activité : on veut avoir Uniavant que le mauvais air ait lancé ses courants fiévreux sur la campagne. Mais( |Uand les moissonneurs sont partis, les glaneuses restent; elles élèvent leurs tentesmilieu des sillons vides, et leur journée s’écoule 'a chercher l’épi oublié par laCueille avare. Souvent la maladie les emporte au milieu de cet ingrat labeur ; alorsi e urs compagnes, les autres prolétaires des champs, jettent sur leur tombe des fleurs‘lai semblent comme elles minées par la lièvre. Chaque été la mort fait sa moissonParmi nos pauvres glaneuses : ne faut-il pas que la Provence paye aussi sa dîme deJaunes Allés au minotaure de la pauvreté ! A côté de la Camargue s’étend la Cran,Plaine inculte, vaste désert de cailloux où se reproduit quelquefois le brillant phé-nomène du mirage. C’est a l’extrémité de cette plaine que débarqua la blondeMadeleine , a laquelle ces landes désertes parurent trop belles encore pour sa péni-,e nce, et qui s’en fut expier ses erreurs au milieu des rochers solitaires qui ren-ferment la Sainte-Baume . Une population de pasteurs habite ces régions pierreuses;

' hiver , ils font paître à leurs troupeaux une petite plante qui croît sous les cailloux''a la plaine. Lorsque le soleil du printemps commence a dessécher le mince brin( l herbe, la tribu nomade lève ses tentes, rassemble ses troupeaux, et va chercher surles versants des Alpes un gazon que le vent de la mer ne brûle pas. Ces Arabes pro-y e >içaux s’appellent Escabonets. Ils traversent la Provence en longues caravanes : lesa aes marchent en tête, portant les bagages ; devant le troupeau chemine un bouc ma-jestueux que le menu bétail suit avec une docilité exemplaire. D’ailleurs, pour plus deSllr eté, des chiens vigoureux maintiennent le bon ordre sur les flancs, et compri-mai toutes les tentations de maraudage. La famille de l’Escabouel, sa femme, sesp. n. 10