7i LC PROVENÇAL.
enfants, sa servante, forment l’arrière-garde, montés aussi sur des ânes. La caravanetraverse ainsi toute la haute Provence, Manosque, Digne, Embrun, Sisteron oùs’arrêtèrent les débris des Cimbres poursuivis par Marins (sislerunl) ; puis ils vontse perdre dans les montagnes jusqu’à ce que les premières neiges les ramènent denouveau dans la plaine.
Vrr
Après Arles, il faut citer Tarascon , où l’instinct républicain est fortement enracinédans tous les cœurs; Orgon , où l’empereur fut si mal accueilli en \ 814 ; Saint-Rémy ,le Bedlam de la Provence ; Lambesc, Saint-Cannat, qui ne sont que des relais. Il netiendrait qu’à nous d’arriver tout de suite à Aix , mais nous aimons mieux faireun léger crochet et manger une bouillabaisse' aux Martigues , charmante ville dontles rues sont des canaux, comme celles de Venise . Le Marlegallais est le souffre-dou-leur de la Provence entière; le héros de toutes les mystifications populaires esttoujours un Marlegallais. C’est le niais du vaudeville provençal ; il est pour Avignon ,pour Aix, pour Marseille, ce que l’habitant de Pontoise est pour Paris . Cette répu-tation de bêtise, le Marlegallais ne la mérite pas; les loustics du Midi devraientsonger a prendre un autre point de mire. Nous demandons qu’on n'attente plus àl’honneur des Martigues , et qu’on les remplace dorénavant par Cucurron , absurdevillage qui fait semblant d’exister au pied de la chaîne de Sainte-Victoire , célèbrepar la défaite des Cimbres et des Teutons. Après la bataille, les barbares vaincusprirent la fuite, et les Romains les poursuivirent en s’écriant : « Cucurrunl! Cucur-runt! » jusqu’au hameau en question. De l'a l’étymologie de Cucurron. Il noussemble qu’on ne saurait trop se moquer d’un village appelé ; Ils courent.
L’air qu’on respire à quelques lieues de l'a n’est pas très-sain; la fumée des fa-briques de produits chimiques, les exhalaisons des salines, des marais, des étangs,où les macreuses seules ne prennent pas la fièvre, la pesanteur de l’air, nous en-gagent h reprendre la route d’Aix . Quel silence dans ses rues, quel calme dans lacour de ses grands hôtels féodaux ! Voilà donc la ville de René , la ville des trou ha-
4 Soupe au poisson Tort en vogue sur toutes les côtes de la Provence .