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Province. Tome second.
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tiours et des illustres présidents à mortier ! Aix qui pensait si Lien du temps de Vau-'enargues, qui était si éloquente du temps de Mirabeau; Aix qui a travaillé auCode civil avec MM. Portalis et Simeon ; Aix qui a lait la révolution de 1850, parMM. Tbiers et Mignet , ressemble il une nécropole. Les jeunes gens ont tous abandonnél 'ette sous-prélecture : on n’y voit plus que des vieillards, des avocats, et des plai-deurs de quarante ans ; on se promène quelquefois pendant des journées entièressans rencontrer un seul enfant : on ne naît pas a Aix , on ne fait plus qu’y mourir. Ondirait que cette ville est peuplée par des ombres; les visages y sont tristes; les plai-sirs, lugubres ; les habitants ressemblent à des trappistes. Aix , il faut mourir !

l a position géographique de la ville d’Aix et ses vicissitudes ne sont point sansinfluence sur les mœurs actuelles de ses habitants. Perdue à Tune des extrémités de•a P’rance, on aperçoit, du liant de ses clochers, les collines au pied desquellesMarins arrêta les premiers flots de l’invasion barbare. Les Cimbres elles reliionsdésaltérèrent leurs cavales dans celte petite rivière de l’Arc qui commence aux der-nières limites de l’octroi. L’hiver, lorsque le roi Kené, fatigué de peindre des per-drix grises, venait réchauffer sa vieillesse insoucieuse aux lièdes rayons du soleilprovençal, il promenait son royal lazzaronisme sur ce cours où l’on voit maintenantSe dresser sa statue. Le Pierre Gringoire de la royauté, le père de tous les flâneurshiodernes, venait oublier les intrigues de Louis XI et les malheurs de sa fille Mar-guerite, la rose d’York, en devisant avec les bourgeois de sa capitale. Aujourd’huie »core, le cours d’Aix est un répertoire vivant de tous ces souvenirs : de chaque côtés’élèvent les magnifiques hôtels des membres de l’ancien parlement de Provence ; aumilieu, coule la fontaine thermale qui guérit la sciatique aiguë de Sextius, lieutenantde César et fondateur d’Aix . Toutes les imaginations trouvent dans cette modestes ous-préfeclure des aliments à leurs rêves, à leurs regrets, à leurs sympathies ; les'éditions de la féodalité, des parlements, de la révolution, s’y heurtent à chaqueinstant. Aix vit plus dans le passé que dans le présent. On dirait que ce sol vieillit'°ut ce qu’il porte : les églises, les maisons, les rues, tout exhale un vénérable par-eil] d’anliquilé ; il n’y a pas jusqu’à celte petite maison du faubourg ombragée d’unelr<> ille à l’italienne, dans laquelle M. Tbiers préludait par des éloges académiques à* Histoire de la révolution, qui n’ait pris, elle aussi déjà, l’aspect d’un monument.

Aix , en ce moment, esl une ville qui se survit à elle-même. Ses eaux thermales,S| célèbres du temps de César, reçoivent à peine (rente visiteurs dans l’année : ceS()I| I, pour la plupart, des courtiers marrons de Marseille qui se guérissent d’un' ùumatisme, s’ils ne meurent pas d’ennui. Les voyageurs qui vont en Italie ne s’yPrêtent que pour changer de chevaux ; quelquefois seulement un Anglais loue un''Ppartement sur le cours, pour s’y brider la cervelle. Sans l’école de droit, la cour•’oyale et les diligences, les habitants d’Aix mourraient de faim. La patrie de Mira-beau et de M. Tbiers n’est plus qu’une élude d’avoué, une pension bourgeoise, unet,,)Ur de messageries.

L’école de droit d’Aix est la seule en France qui proteste de toutes ses forces contreles empiétements de la mode bourgeoise. L’étudiant d’Aix ne ressemble à aucunai, tre étudiant ; il a conservé une physionomie dontla forte empreinte ressort encore