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Province. Tome second.
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'««//d/isont les roisde Kivo-iNeuve. Le quecou est ce qu’on appelle a Paris un gamin :au lieu de faire enrager les épi-Cle 's, les quecous se réunissent,dirigent leurs efforts sui' un seulbonime, et finissent par le faireUiourir de chagrin ; le quecou al'instinct de l’association ; il agitPresque toujours par bandes, illaif de la flibusterie collective ;le mandri correspond plus spé-eialenient au lili, il racle le fonddes barriques de sucre, et inet( luelquefois la main dans celles( |ui sont pleines ; les quecous etles mandri font quelquefois deterribles alliances ; alors malheuraux douaniers, aux jaugeurs, auxc °urtiers marrons qui viennent"uvrir les barriques pour en tirerdes échantillons; le quecou et le mandri renversent toutes les sondes, passent surtous les corps, etse taillentune part léonine dans la marchandise entamée. Le mandriue répugne à aucun métier, c’est lui qui ramasse les bouts de cigare; lorsqu’unede ces averses subites, si fréquentes a Marseille , fait des rues un vaste fleuve, c’est' u > qui jette sur les ruisseaux le pont suspendu d’une planche mobile, magniliquetfeinplin dont vous avez le droit de tenter les chances pour un sou; le dimanche,le mandri se fera décrotteur, et si les bouts de cigare ne donnent pas, si le ciel resteSer ein, si la brosse demeure oisive, il prendra bravement son parti et demandera

aumône aussi bien que le premier Alsacien venu, quoique ce ne soit pas son état.

ille,Jus-et le

I

•^tre le quecou et le mandri , notre choix ne saurait être douteux; le quecou e sicri ard, corrompu, lâche; le mandri au contraire est concentré, généreux et brave ;' es quecous se réunissent pour tomber sur un ennemi ; le mandri n’a recours qu àSes propres forces ; c’est un vrai cœur de prolétaire. Ce sont des mandri de dix-huitUas qui ont fait le 10 août et mis la Marseillaise à la mode.

L*e neuf heures a midi, tout Marseille est sur la place Royale ; c’est le forum ducommerce; les affaires commerciales se traitent là en plein air, comme autrefois'es affaires publiques à Rome . La bourse du matin résume toutes les physionomies'Marseillaises. Au milieu des groupes on voit circuler un individu en longue redin-—e te avec des pociies de côté, eu souliers blancs dont la semelle débordé, et coiffe|'’mi chapeau à larges bords. Naguère encore celle enveloppe grossière cachait unjeune homme vif, ardent, coquet, ne songeant qu’au plaisir, pourchassant les gri-mes, et ne s’arrêtant pas devant le cotillon d’amadou. Un beau jour Lovelace'a«Prouvé le besoin de faire fortune, il a quitté les airs de la jeunesse, il cherche à sev,p illir pour inspirer de la eonlianoe, il esl passé dans la classe, des hommes entrât-