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Province. Tome second.
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mère dont les affinités son! aussi inexplicables que bizarres. On n’en saurait trouverîle témoignage plus extraordinaire que celui-ci :

Prenez un Basque quelconque qui n’ait point voyagé, embarquez-vous avec lui etcinglez vers l’Afrique méridionale. Parvenu à la hauteur du Congo , terre classiquede la traite et des dents d’éléphants, débarquez ensemble. Les nègres, selon leurusage, viendront a vous en poussant de grands cris. Lorsqu’ils approcheront, exami-nez votre Basque et le jeu de sa physionomie ; la surprise et la joie s’y peignent ell’animent tour a tour. Il a reconnu et entendu le cri national basque, le kikissai,hennissement sauvage dont pas un cri un peu humain ne saurait approcher. Il y ré-pond avec énergie et se précipite au devant des nègres. Suivez-le de près, et vousle verrez bientôtau centre d’un groupe de nègres, interroger et répondre en eskuara.La conversation n’est pas tout a fait aussi réglée qu’entre compatriotes, on ânonnequelque peu ; mais enfin Basque comme nègres se comprennent a leur mutuelle satis-faction, et si ce n’étaient la couleur et l’horrible malpropreté de ceux-ci, le premierne les quitterait pas sans efforts. Pour vous, spectateur muet de cette étrange scène,il est dès lors acquis que la langue du Congo a de grandes analogies avec celle duLabourd ou de la Basse-Navarre '.

Qu’on veuille ensuite que le peuple basque ne se vante pas avec raison d’un idiomecontemporain des langues que parlaient les Grecs et les Romains, et même proba-blement d’une origine plus ancienne encore, d’un idiome qui, s’il n’a pas toutes lesrichesses de ces langues, en a tous les grands caractères et toutes les grandes beautés.Un écrivain de ce pays, a môme prétendu, il y a quelques années, que l’idiomebasque approche le plus de la langue que le Père éternel a inspirée a Adam. Maisles Basques ont ri les premiers de cette singulière assertion.

Fier et réservé, tout Basque veut être noble et traité comme tel avec déférence.Il y a dans son âme une impression naturelle, un sentiment profond de son illustreorigine et de sa suprématie comme peuple. Si vous le rencontrez, n’attendez pointde lui le premier salut, n’attendez pas que pour vous faire place, même au milieudu grand chemin, il s’efface de quelques pouces. Il refuse d’admettre pour égal touthomme qui n’est pas basque; le préjugé de sa noblesse collective et traditionnellene le permet pas. lin prince de Tingri, ayant dit un jour à un Basque , qui luiparlait avec un ton de fierté, de se rappeler qu’il parlait a un Montmorency, dont larace datait de plusieurs siècles: « Nous autres, lui répondit le Basque sans s’émou-voir, nous ne datons plus. » Ainsi donc, en l’abordant dans sa maison, son échahen,ne manquez pas de le qualifier de Joan, seigneur ; car c’est le litre qu’il veut re-cevoir, l’oublier, serait blesser sa dignité d’homme libre et les convenances locales.Par cette politesse, vous gagnerez sa confiance et vous provoquerez sa franchise.

Jamais Basque de la campagne, des bourgs c’est différent, n’a refusé sa porte auvoyageur demandant l’hospitalité. Dès que celui-ci est assis au foyer de la famille, sapersonne devient sacrée, et, s’il le fallait, le Basque la défendrait au péril de ses

< Celte particularité, déjà signalée vers In lin du siècle dernier, a été constatée en 1822 par le capitained'un bàliment négrier.