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Province. Tome second.
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L12 BASQUE.

dent des exorcismes pour les bestiaux frappés de maladie. Enfin, les Basques admet-tent la possibilité d’ombres qui poursuivent la réparation d’un crime et demandentvengeance en unissant leurs imprécations aux mugissements de l’aquilon.

Voltaire , en voulant peindre les Basques d’un seul trait, n’a pas eu tort de dire :« C’est un petit peuple qui saute et danse au haut des Pyrénées . » Rien assurémentu’approche de la passion que cette population manifeste pour la danse, et sa mer-veilleuse agilité est une qualité de nation devenue proverbiale. Pelouses ou plates-formes de rochers, chemins vicinaux ou grandes routes, tout lui convient pour im-proviser des rondes, des pas et des sauts cadencés par un (ifre aigu et un instru-ment grossier ayant la forme de la lyre ancienne, garni d’un chevalet et de troiscordes sur lesquelles frappe l’exécutant; c’est la le véritable tambour de basque.Chaque jour, durant la belle saison et après le coucher du soleil, vous rencontrez,dans la campagne, des milliers de groupes infatigables qui battent le sol jusqu’àplus de minuit. Là, point d’instant d’arrêt, point de halte, des pas toujours uni-formes et seulement variés par des sauts inouïs que les hommes exécutent avecdes cris étourdissants, tandis que les femmes chantent en tourbillonnant sur leurs ta-lons. La plus célèbre de ces danses est le Saut basque, ou le Mouchïco, qu’il nefaut pas confondre avec la Pamperruque, danse particulière a la ville de Bayonne .Toujours exécutée par des sujets d’élite, cette danse exige des costumes particuliers.On voit alors les Basques, vêtus d’habits élégants, ornés de festons, de rubans, defleurs, déployer toute leur légèreté et la souplesse de leurs formes parfaites. Pourcomprendre, toutefois, l’immense ardeur de ce peuple pour la danse et ses talentschorégraphiques, il faut avoir vu une fête patronale à laquelle ses gestes, ses éclatsde voix, son costume donnent une couleur si originale. Cette foule, costumée d’unemanière si pittoresque, ce bruit, ce mouvement, ces groupes entrelacés, celte sura-bondance de force, d’activité qui s’exhale en cris et bien souvent en rixes sanglantes,donnent a ces fêtes une physionomie qu’il est impossible de décrire.

Si quelque chose pourtant a le pouvoir de faire oublier au Basque la danse et leson de son tambourin, c’est le jeu de paume auquel il s’adonne de très-bonneheure avec une véritable frénésie. Cet exercice double ses forces, son adresse, etfait ressortir des avantages physiques dont il est avec raison très-üer. Les fêtesde villages sont choisies habituellement pour le spectacle de la paume. Là se ren-dent, de plus de vingt lieues à la ronde, les célébrités de ce jeu, escortées par les po-pulations de leurs communes respectives, et arrivant précédées de la musique natio-nale et de bardes improvisateurs, gagés pour chanter leurs exploits. Les individus quiexcellent dans la paume jouissent d’une grande illustration, et le Labourd se sou-vient encore du fameux Perkain qui, réfugié en Espagne pendant la première révo-lution, apprend tout à coup que Curutchet, un de ses rivaux, annonce une partie depaume aux Aldudes. Perkain accourt, combat, triomphe, et franchit de nouveau lufrontière, applaudi et protégé par sept mille spectateurs. Chacun sait aussi, dansla Basse-Navarre , l’épisode de quinze soldats basques, qui, partant des bords dullhin sans permission, viennent jouer à la paume à la fête de leur commune, Vremportent la victoire, rejoignent ensuite leur régiment à Austerlitz, et sccompoi v