LE BEAUCERON.
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j ^ es filles de laboureurs ne reçoivent pas une éducation très-brillante; mais, soustutelle de leurs mères, elles apprennent à chérir le travail, à pratiquer la vertu, ete " ^ es citadins musqués ne dédaignent pas d’aller offrir leur cœur à ces beautés■ "mpêtres, en échange de leurs bons écus sonnants. Celui qui arrive dans un vil-6 e peut faire en quelques minutes le dénombrement de la population féminine etn ^ a i iable. La chose est des plus simples. Au-dessus de la porte ou sur le faîte delue habitation, les jeunes gens du pays ont coutume de planter, le 1 er mai, au-11 de branches de feuillage qu’il se trouve dans la maison de filles à marier, et laleur de ces branches, qui se mesure à la richesse, fournit aux épouseurs de dotmoyen commode et sûr de fixer convenablement leur choix. — Toutefois, gare à, eux ‘P'i se marient au village ! Là , ce qu’on appelle le plus beau jour (le la vie. en ests °uvent le plus néfaste. Il n’esl sorte de plaisanteries incongrues que ne se permel-l 'es garçons de l’endroit à l’encontre des nouveaux époux. Non contents de lever^ 1 p " x des contributions de vin et d’argent, de les assourdira coups de fusils,'‘puis le seuil de l’église jusqu’à la salle du festin , s’ils parviennent à s’introduire1111 instant dans la chambre nuptiale, ces loustics villageois scieront à moitié lesar ' es du lit, hacheront un bonnet à poil dans les draps, ou feront aux mariés quel-||j Ue ai| h'e aimable niche dont tout le pays rira pendant huit jours. 0 mœurs desla '"ps! Monsieur Delille, où éles-vous ?
^ es plaisirs qui viennent distraire les jeunes paysannes de leurs occupations do-
mesti
•lues sontrares et peu variés. Ce sont les voyages à la ville, de temps en tempslUelque solennité particulière, et la fête annuelle du village, où elles dansent,P'and les garçons veulent bien le permettre, car, ce jour-là, les joyeux drilles,l Ja .jaloux de célébrer Bacchus que les Grâces, s’attardent presque toujours au ca-c ' et ne' souffrent pas néanmoins que les gars des autres hameaux qui se présen-I 1 ^ la fête ouvrent le bal, avant qu’ils aient eux-mêmes levé le branle. Jusque-là,ménétrier doit se croiser les bras, et chaque danseur, les jambes; l’allégresse neJ^ùt se i r ad u i re par des gestes: Terpsychore est mise en interdit. Cet usage, passa-e ment arbitraire, et qui tend à monopoliser le plaisir, comme on le pense bien,atl| mie quelquefois des collisions où les jeunes gens du cru reçoivent force'Ps de poings, qu’ils ne manquent jamais d’aller rendre, à la première occasion,0e en du les égards réciproques qu’on se doit entre voisins. Ces batailles, hâtons-nousDe ^ < ^ re 1 sont ordinairement beaucoup plus risibles que sanglantes, et jamais on^ V °''d’autres querelles troubler l’harmonie des Beaucerons, qui, par goût, sontmortels extrêmement pacifiques.
Quand les circonstances le commandent pourtant, l’ardeur martiale dont ils semontrent animés prouve qu’ils ont encore quelque chose de ces anciens Gaulois qui■ s,s 'èrent les derniers à l’envahissement des Romains; de même que leur espritc "'le, lorsqu’il a reçu les germes de l’éducation , peut se livrer aux plus nobles"uiianls et dévoiler des richesses inconnues. Le nombre considérable d’hommesr "'Sués qu’a produits la Beauce proprement dite confirme cette observation. IlPu * S " fllr;l c 'ter, parmi les gens de guerre, l’héroïque Marceau, l’une de nos pluses ''lustrations révolutionnaires, parti simple soldat à seize ans, élu général à