Tl A
les habitants des Landes reportent sur leur caractère la monotonie sauvage du pays-line ignorance profonde, une cupidité mesquine, de l'apathie portée au plus hautdegré, et un excès de misère tel qu’il émousse jusqu'au sentiment du malaise, 1® Srendent incapables d’énergie, et pour ainsi dire de réflexion. Façonnés dès le ber-ceau à la superstitiou la plus absurde, les Landais accueillent avidement les tradi-tions comme les contes de sorciers et de revenants. C’est vainement que, soumis àleurs curés, ( ils en reçoivent des notions religieuses, car, dominés par des terreurspuériles, les paysans des Landes les dénaturent en les appliquant b des exorcismeset aux pratiques les plus ridicules.
La race landaise, proprement dite, habite les grandes Landes , c’est-à-dire celles quiavoisinent l’Océan, depuis la lourde Cordouan jusqu’à la Teste/ et de la Teste àBayonne . C’est l'a qu’il faut aller étudier cette variété androïde dont chaque traites!un sujet d’observations ethnographiques et de tristes méditations. Divers nomspopulaires sont donnés aux habitants des grandes Landes. A Bordeaux , on les appelleparents; à Mont-de-Marsan , cocozates; à Tartas, où, comme nourrisseurs d’or-tolans, ils jouissent de l’estime des gourmands, on les nomme conzïots; à Saint-Sever, lannitsquets ; à Dax enfin ainsi qu’à Bayonne , ils sont qualifiés de maransins.
Petit et maigre, le Landais a le teint bave et décoloré, les cheveux noirs etlisses, les yeux plombés et la physionomie morne. Ses traits impassibles, que lesourire anime peu, ont une expression méditative analogue à celle remarquée cher-certains maniaques. Malgré sa constitution frêle, délicate et consumée par la lièvredurant la majeure partie de l’année, l’habitant des Landes accomplit les travaux lesplus rudes et brave toutes les intempéries atmosphériques. Ajoutez à cela que sesgrossiers vêtements sont très-mal assortis à la température, car ils l’accablent pen-dant l’été sans le préserver du froid en hiver. Pareille observation est à faire pourson habitation sale et ignoble que l’Esquimau et un Hottentot dédaigneraient à coupsûr, et où se rassemblent quelquefois jusqu’à trente à quarante personnes. La pièceprincipale est une immense cuisine dont le foyer est garni tous les soirs d’une chau-dière dans laquelle la doyenne de la famille agite l’escoton 1 qui fait la jubilation desLandais . En arrière se pressent des femmes filant en silence, des enfants attendantleur pâtée, et des hommes qui s’entretiennent invariablement du loup-garou eucrédit ou de la résurrection du dernier sorcier enterré. De la cuisine on passe dansdes bouges obscurs et privés d’air : ce sont les gynécées landais, avec cette parti-cularité que, vieux et jeunes, hommes et femmes, s’y blotissent pêle-mêle durantla nuit, les uns par terre sur des peaux de mouton ; les autres, sur de mauvais grabatsentre deux lits de plumes, où ils supportent une chaleur qui ferait durcir des œufs-
De tous les habitants des Landes , la classe des bergers est la plus nombreuse corartU’la plus misérable. Presque toujours éloigné des habitations, chaque pâtre est ordi-nairement nanti d’un petit sac de farine de millet ou de maïs, de lard excessivement
< I .'eseoton esl une bouillie failc avec de la farine de maie ou de millet, el forme la principale nou ,rllure tirs habitants tirs Lande.".