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riture «les abeilles et l’éducation des vers a soie, pour lesquelles ces malheureusescréatures déploient une activité qui les vieillit prématurément. Toutes, à pefd’exceptions près, naissent jolies et restent telles jusqu’à vingt ans; passé ce ternieréellement fatal, elles se dessèchent à vue d’œil. Leurs traits délicats, la douceuret la beauté de leurs yeux disparaissent irrévocablement et font place dès lors à unensemble repoussant dont la laideur n’est bientôt plus comparable à rien. le’»faisons bien vite exception formelle pour les femmes des bourgs et des villes desLandes, laisons-la particulièrement pour celles de Dax , que les bons appréciateursdu genre regardent comme la quintessence du beau sexe landais . Il est rare, en effet»
dans une ville d’égale population, de rencontrer autant de femmes plus remarqua-blement jolies et dotées de charmes si attractifs. Chez les Daquoises, la faculté deplaire est puissamment favorisée par un naturel doux et prévenant, de la gaieté etdu trait dans la conversalion. Leurs coquetteries s’adressent assez ordinairement auxétrangers, et elles réservent, pour le soupirant indigène, le sobriquet de galant à lanoix, dérivant d’une coutume traditionnelle observée religieusement dans certainscantons des Landes . Quand un paysan de la contrée de Boni, veut demander unefille en mariage, il va, le soir, accompagné de deux amis, frapper à la porte de labelle. Prévenus de la visite, les parents lui ouvrent, et chacun prend place à unetable sur laquelle le souper est servi. On mange beaucoup, on boit davantage, onbavarde encore plus, mais pas un mot n’est dit sur l’objet de la visite. La nuit s’é-coule ainsi. A la pointe du jour, la fille se lève de table, et va chercher un desserttoujours compose de différents plats. Si l’un d’eux contient des noix, le prétendantquitte sur-le-champ sa place, salue à peine et sort suivi de ses deux amis, témoinsde ce congé symbolique et formel. Peu d’heures après, la mésaventure est publique,et le titre malencontreux de galant à la noix, est acquis au poursuivant dédaignejusqu’à ce qu’on lui présente un dessert plus heureusement composé.
Les mariages s’arrangent plus cavalièrement et d’une façon presque primitivedans les contrées des Landes qui font partie du département de la Gironde .Aux jours de fête et après la messe, les paroissiens s’établissent d’un côté devantl’église, et les paroissiennes s’accroupissent de l’autre, en formant un cercle. AUmilieu est un pâtre huche sur une pierre ad hoc, ayant derrière lui les jeunes gensdes deux sexes, disposés par groupes. Au bout de deux ou trois minutes d’attenteet de recueillement, le pâtre lève les deux bras et entonne à tue-tête un air favoridont l’incohérence euphonique est inimaginable. Ce chant sauvage devient le signald’une danse grotesque, dans laquelle chaque homme saule lourdement devants»danseuse fort attentive à imiter tous ses mouvements. Bientôt des velléités matri-moniales se déclarent chez les jeunes Landais ; l’un d’eux saisit la main de sa belle»la presse à différentes reprises. Si à ces provocations peu équivoques, la donzellerépond par une étreinte non moins significative; alors le galant l’entraîne brusque-ment hors du cercle! ! Tous deux, qui jusque-là avaient scrupuleusement tenu le syeuxbaissés, se regardent, échangent quelques mots suivis dequatre à cinq taloches,et vont trouver leurs parents pour leur déclarer qu’ils s’agréent. On convient desfaits sur-le-champ, et l’on appelle le curé pour (ixer le jour du mariage auquel as-