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Province. Tome second.
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I2S

LE NORMAND.

lîoberl Waee 11 ’entend point par Fiançais, connue on le pourrait penser, les ha-bitants de l’Ile-de-France , car, dans plusieurs passages de son poème, il donne lameme qualification aux sujets des ducs de Normandie .

(C li llormaitz, c It ürnncciz®otc la nuit firent oraisons.

A la bataille d’Hastings, Rogierde Montgommeri, chef normand, crie à ses hommesd’armes :

.Jêc’rez, Jfranceiz ;

llastvo est li elpunps sur les Slngleiz.

Dans la célèbre tapisserie de liayeux, présumée l’œuvre delà reine Mathilde, lenom de Fr and est donné aux soldais de Guillaume le Conquérant . C’étaient douebien les Français de Nenslrie qui résistaient par de sourdes manœuvres aux empié-tements des hommes du Nord. Non contents de calomnier ceux-ci, de leur fairemille reproches, de les flétrir des sobriquets de bigots, de mangeurs de drêche, degent de Nortli mendie, les seigneurs évincés qui se trouvaient a la cour de France necessaient d’exciter le roi à les combattre ouvertement.

« Sire, disaient-ils, en 1054, a Henri 1 er , pourquoi n’enlevez-vous pas aux bigotsleur terre? Leurs ancêtres, qui traversèrent la mer pour piller, l’enlevèrent il vosancêtres et aux nôtres. » ,,**

|)ar la ôtscoràr h graitt ennic(Elue iranceiz ant ucra Mormanbic.illult ont Jranceiz Wormnnz laüiiz(Cl ùc mc’faiz et ôc inciits :

Sonnent lor lient reyrooiers,

<Ct chôment bigoz è i>rascl)irvs.

Soncnt les untmeMe al rei,Saunent Ment : Sire, por lu'ilie tollez la terre as btgaz?3t nas anccssors et as nasifa talc’rcnt lor ancestor,

Æi pur mer ninîtrent robear.

Les vilains, se gardant bien de conseiller une guerre dont ils auraient payé 1rsfrais, étaient toujours sur le qui-vive, cherchaient toujours les moyens de nuire àleurs antagonistes sans se compromettre eux-mêmes, les observaient pour les pren-dre en défaut, et s’accoutumaient à la finesse et a la dissimulation. C’est en effet letrait le plus saillant d’un portrait des Normands tracé au douzième siècle parGeof-froi Malaterra, moine sicilien '.

« Il est une nation très-rusce 2 , vindicative, qui méprisa le champ paternel, dansl’espoir de trouver ailleurs plus de profil ; avide de richesses et de puissance, dissimu-lant toujours; tenant un certain milieu entre la profession et l’avarice, quoique sesprinces recherchent la renommée que donnent de grandes largesses. Ce peuple eon-

• Rerum italien rv-m scriptons, par l'abbé Mmatori , in-folio. — - Gens astutissiiiia.