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Province. Tome second.
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LE NORMAND.

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— Ch'a vent 'ij dire que j’ chomm.es hureux, clin ?

— Dam! les pas hureux y-z-acheliont rién.

— J’ons t’y point neune tiaulée d’afanls qu’y leux z’y faut d’quoi leux z’y doit 11 'nai. I>’ pis quand ch’ équionl l’y eune richesse , clùnq afaiils tous grouitlands?

— Quoiqu’ ch’est qu’ chà, quand on a d’qu<mai ?

— El quand on n’ l’a point? que v’ià le mognier qui l’ont laiché leux mouli"’qu’il aviont filé aveu leux mohïyer sans payer... Et nie v’Ià, may! y a point n «dire, jamais y nous vu un temps pus dur!... la fin du monde, qiioaif... »

Si vous êtes son débiteur, le paysan normand se délie de votre argent comme devous-même. On vient d’apporter au père Tourly le loyer d’une maison; il examio 1 'les pièces qu’on lui compte, y aperçoit des rognures imperceptibles, analyse avec 1*justesse d’Archimède le tintement d’une monnaie équivoque, se catune *, et s’écriebrusquement : « Quoiqu’ ch’esl que. cl argent i là ?

— Ch’ équionl l’argent qu’nout’tante y vous envoyant d’chon du.

— Qu’est qu’ ch’étiont qn’ chà? J’y ont pas loué pour de la monnaie pareille 11la tante; qu’est qu’ ch’esl qu’ chà pour eune pïeche ?

— Ch’ équionl une belle pièce ed’ trente sou v.

— J’en roulons point ed’ sa belle pièche; elle équionl point marquée : /’ voulu 11 'd’s écus cl’ client sous.

— J’ n’en ans point.

— Va z en qu’ri ; j’ t’espérons *.

— Pis qu j’ vous dis cpie j’en avons point.

— J’ m’en fiche pas mal, j’en voulons.

— Pisqu’on vous dit...

— J’la citerons jeudi dieux le juge ed paix, ta tante ; tu miras.

— Vous n’oserais point.

— Allais, marchais, j y enverrons le huissier 3 . »

Ne reconnaît-on point dans cette méfiance perpétuelle le descendant de gens q ul >comme Northmans, ont eu a se garantir d’une sourde hostilité ; ou, comme NeU 8 'triens, ont longtemps employé l’astuce à défaut de force ouverte; qui, confondu 8ensemble plus tard, ont été assaillispar les Anglais , et en contact forcé avec d’avidesétrangers ?

CAUSES HE L’ESPRIT PROCESSIF REPROCHÉ AUX NORMANDS.

Si, malgré toutes leurs précautions, les premiers possesseurs du sol étaient lc seSpar la race danoise, la sage prévoyance de Ilou ne les avait pas laissés sans défense-Ils pouvaient traduire un Normand en justice, l’accuser d ’utlagarie (pillage), d®'mander le combat, et, en cas de refus de leur adversaire, se purger par serment m 1

1 Expression normande : baisse la tète en fronçant te sourcil. — ! Je t'attends. — 1 En Normandie , ' 'i l'huissier est aspiré.