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Province. Tome second.
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LE NORMAND.

(6 lit bitn les iVfolt è joigne,®’ elsgjsrro fere su besogne,©tguciüos sunt blonnunt 5 fier,<Ë ounte’or è bonbaneier ;

®ou temjis les broruit l’en ^luisier,fiur multsunt fort b justisier :fttult a à fere et il penserHabert ki beit tel gent garber.

Il esl donc bien constaté, parle témoignage de meslre Robert Wace , escholterCaen, que les Normands étaient déjà processifs au temps de Guillaume le ConqU e "tant.Voyez plutôt ce qui advint à la dépouille mortelle de ce prince. Les prélats ^les barons s’étaient rassemblés pour l’enterrer pompeusement dans l’église de Saint'Étienne de Caen, qu’il avait fondée. Il y avait là Guillaume, archevêque de Rouen ,Odon, évêque de Bayeux, Gislebert, évêque d’Évreux , Gislebert Memiuot, évêquede Lisieux, Michel, évêque d’Avranches, Geoffroi, évêque .de Coutances , Girard,évêque de Séez , et une multitude d’abbés et de hauts dignitaires. La messe des mortsétait achevée, le cercueil de pierre descendu dans la fosse, le cadavre au bord, surun brancard, et Gislebert d’Evreux arrachait des pleurs à tous les assistants, en pr°"nonçant les dernières paroles de l’oraison funèbre : « Puisque ici-bas nul mortel nepeut vivre sans péché, prions tous, dans la charité de Dieu , pour le prince défunt-Appliquez-vous à intercéder pour lui auprès du seigneur tout-puissant, et pardo»'nez-lui de bon cœur s’il vous a manqué en quelque chose. »tout a coup un vassal, Asselin, fils d’Artur, monte sur une pierre et s’écrie •« Haro, mes seigneurs ! de par Jésus et le saint père, je vous défends d’enterrer i clI homme pour lequel vous priez, car la plus grande partie de cette église est de mondroit et de mon fief. Cette terre où vous vous trouvez fut l’emplacement de la mai'son de mon père ; je ne l’ai ni engagée., ni aliénée, ni donnée ; mais n’étant encoreque duc de Normandie , Guillaume me l’a ravie par force, et y a fondé cette égli se >dans l’abus de sa puissance. Je le prends à témoin devant l’ennemi de tout mensongeje réclame et revendique ouvertement ce terrain, et m’oppose de la part de Dieu ace que le corps du ravisseur soit couvert de ma terre et enseveli dans mon héritage 1 • "Les évêques et les grands interrogèrent les voisins d’Asselin, reconnurent la ve-rite de sa déclaration, l’appelèrent, lui comptèrent soixante sous pour prix de I aplace occupée par le cercueil, s’engagèrent à lui payer la valeur totale du sol, et I evassal consentit à laisser une tombe à son suzerain.

Cette interruption des funérailles d’un grand monarque par une réclamation p eI 'sonnette est unique dans les fastes du monde : un Normand seul en était capable-Elle a quelque chose de grand et, de mesquin, de vil et d’honorable, de noble et detrivial a la fois. Elle annonce que dès lors le sentiment du droit était enracinechez les Normands ; ils n’ont pas dégénéré, Dieu merci !

par il faut les fouler et les plier. Foler ou folie.r signifie, selon Roquefort(Glossaire de la langue roinaiiC/»faire des folies , mener une vie débauchée. Plaisier vient de plaiz , qui veut dire procès, ou séance <*tribunal . Justisier. auquel M. Pluquet attribue le sens de gouverner, a également celui de comparaen justice. Pour que l'interprétation du commentateur fût exacte, il faudrait qu'il y eût, au lieu de la l>n Iltaccusatrice :

Li convient foler et plaissier,ec que ne porte aucun manuscrit.

* Textuel. Voyez Orderic Vital, liv. 7, et Robert Wace , vers quinze-millième et suivants.