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Province. Tome second.
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LE NORMAND.

Le jour où le futur se présente s’appelle bienvenue ou venantise. On évite avecsoin de choisir un mercredi ou un vendredi, d’avancer le pied droit en franchissantle seuil de la maison, de tenir son chapeau de la main gauche. Dans la discussiondes clauses du contrat, le père et le fiancé se disputent pied a pied le terrain. « J’ l Jdonnons point beaucoup, dit le premier, mais changez ein brin que ch’esl einefemme qu’étionl aussi prope qu’i n'y en a point de pu propc, qui racommoderavol’ linge, qui sera comme ein vrai trésor de properlé. Croyez-vous qu’clia n’valontpoint de l’ergenl ?

— Je ne le crais point ; et pis , aile n'est guaires avenante, vont’ fille ; aile n’estguaires ed’débil. M’est avis qui faut que vous mettiez vingt pisloles ed’plus; sanscha, y aura rien de fait. »

La dot réglée, on se donne les bonnes paroles, et l’on fête les escards par un ban-quet-monstre, où sont prodigués le bœuf, le mouton, le porc, la volaille, le beurre,le pain, le cidre, le vin blanc et l’eau-de-vie, avec une générosité homérique. Dansles campagnes, c’est la femme qui sert à table.

Le mariage civil est accompli sans bruit, comme une formalité qui n’engage point,et les noces ne commencent que la veille du mariage a l’église, le seul regardé commelégitime. Le matin, les parents de la future montent dans une charrette traînée pardes chevaux ou des bœufs, et, accompagnés d’un ménétrier qui sonne du violon,vont chercher le trousseau chez la belle-mère pour le transférer chez le bruman '•Une énorme armoire sculptée est bientôt chargée sur la voiture, au-devant de laquelle

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* l<'iancé; de bru, mot t|iii s’est conservé en langue française, et de ma», homme.