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Province. Tome second.
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LK NOKMANI).

A cette ronde en succèdent d’autres non moins analogues a la circonstance, et I*'confrérie retourne chez l’ancien loup pour souper. Le loup a une linterelle à sescôtes, et l’agile bruyamment toutes les fois qu’un frère se permet une plaisanterieéquivoque ou s’entretient de commerce. La conversation doit être sérieuse jusqu aminuit; mais, à celle heure, toute l’assemblée se lève, le loup ôte son bonnet, et ré-cité le Pater; les convives chantent le psaume Ut queant Iaxis , se dépouillent deleur accoutrement monastique, et usent et abusent de la liberté qu’ils ont recouvrer’de causer de tout.

Le lendemain, la confrérie porte processionnellement à l’église un pain béni*colossal, a plusieurs étages, surmonté d’une haute tige d’asperge entourée de rubansA la messe, le loup vert quôte, et abdique en déposant ses linterelles sur les mar-ches de l’autel, et le soir, il se fait regretter en traitant splendidement ses honorahlf scollègues.

On suppose que cette fête fut établie en commémoration d’un miracle, que h ,slîleuses racontent aux veilleries (veillées). Saint Philberl avait fondé à Jumiéges H”monastère d’hommes, et a Pavilly un couvent de femmes, dont la première abbesse,sainte Austreberlhc, s’élail engagée de blanchir le linge de la sacristie de Jumiéges-Lu âne chargé d’éloles, d’aubes et de nappes d’autel, suivait paisiblement le cheminde la rivière, quand un loup se jeta sur lui, et l’étrangla. Sainte Anslreberlhc parutau moment où la victime expirait, et, justement irritée de la barbare conduite duloup, elle le condamna a remplacer, l’animal qu’il venait de dévorer. Lo loup obéit,se courba sous le poids du paquet, et fut jusqu’à la lin de scs jours un modèle dedouceur et de docilité.

LEGENDES POP U LA IH ES.

La tradition a perpétué tant de légendes aussi vraisemblables, que le recueil c"formerait plusieurs volumes. Celles du privilège de saint Humain , de la Côte desDeux Amants, de Nina, la folle par amour, de Robert-le-Diable, ont été vulgariséespar les savants, les poètes, les dramaturges et les Guides de Paris à Rouen . Destraditions, qui se rattachent aux sites les plus pittoresques, ajoutent aux charmes dela nature les charmes de la poésie. Il y a, a Élretal, une falaise terminée par uneplate-forme sur laquelle trois aiguilles s’élèvent en forme de colonnes : c’est hichambre des demoiselles ; c’est de l'a que le chevalier de Fréfrosé, sire d’Étrelat, h 1précipiter dans la mer trois sœurs dont il n’avait pu dompter la vertueuse résistance-Par un raflinement de cruauté, ce farouche châtelain enferma préalablement l cStrois victimes dans un tonneau garni de clous; mais a peine le martyre fut-il con-sommé, que les esprits des trois sœurs apparurent au sommet de la falaise, els’attachèrent 'a la poursuite de leur bourreau.

Au septième siècle, vivait en Angleterre un saint homme nommé Gerbold. Fausse-ment accusé d’adultère, il fut jeté a la mer avec une meule au cou ; mais la corde