I. E NO K MA N IJ.
lin peuple capable d’ajouter loi a de pareils récits doit être sans force contre le*visions du monde fantastique, et en effet le villageois normand de la vieille géné-ration est encore assiégé de terreurs superstitieuses. Il appréhende les sorciers q" 1jettent des sorts, envoient des rats dans les maisons, donnent le lait bleu aux vaches?et il emploie contre eux l’eau bénite de Pâques ou de la Pentecôte, ou un cierge con-sacré le jour de la Purification. Rgncontre-l-il en sortant de chez lui un chien noirou une personne en deuil, c’est signe d’accident. Entend-il une poule dont le chai'ltend à se rapprocher de celui du coq, c’est signe de mort pour elle et pour son maître-Une femme enceinte sert-elle de marraine, elle et le tilleul périront dans l’annee-Un cultivateur du Bessin croit sa maison mieux garantie de l’orage par une bûchede Noël arrosée d’eau bénite que par un paratonnerre ; trace une croix sur le cèleplat d’un pain qu’il va couper ; ne pose jamais une miche sur le côté convexe, de pe ,,rd’attirer la pluie ; garde comme un talisman une tête de cerf-volant; couvre sesruches d’un chiffon noirquand il meurt quelqu’un dans son domicile, pour empêcherles abeilles de périr toutes dans l’année ; et lorsque, l’eslomac vide et la bourse gar-nie, il entend le coucou chanter pour la première fois de l’année, il conclut de cescirconstances réunies qu’il aura de l’argent jusqu’au 51 décembre.
« Enfin, maître Rouland, vous homme d’âge et d’expcrience, comment avez-voustant de crédulité ?
— Mai)! m’ prenais-vous donc pour eun godaille 1 ? Ça n’empêche que j’n’trionspoint corc ch’te nuit pour vingt porches ed tarre me promenais dans la cavée qu'M 1par ichilte marchais! tout conl’ le vieux chimeliere qu’allé est, ch’te cavée.
— Et pourquoi? est-ce que cet endroit n’est pas sûr? craindriez-vous d’y rencon-trer des voleurs?
— I>c voleux, ah heu ! lé voleux et lé gendarmes, il avionl aussi peur de chucomme tout /’ monde; et pis, quoiqu'i z’y ferionl lé voleux? y a rien à prendre pu’’ilà, pisquon ny va point; et pisqu’on n'y va point, on n’y prend point.
— Et qu’est-ce qui empêche d’y aller?
— (D’un ton mystérieux. ) Y a des lians!
— Comment des hans !
— Des revenants qui reviennent, et se tiennent inuchés :l dans le jour amont 1 l esmurailles... et des huards 5 , quoai! des hans et des hnards et des fi-follcls. T'né, ùpreuve. Quand le père à défunt Prudent Chanet, un vieil équetié 6 , il avionl pillail’église à la première révolution, qu’il avionl cassai la tête aux saintset grimpé avettfses souyers sus le maît’-autel, et ben,li et pis ses camarades, i sont morts trétons)i sont tous crevés ed misère sus les grands quemiiis et partout... Eh ben, i sonI
' Niais. -- l.(‘ vallon qui est par ici. — 1 Cachés. — 4 Le longilc. — s l-'arfailets. — « Inli ii'anl.