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nées. Aussi, fin mai dernier, ton ami, secouant sa chère paresse, le havre-sac sur ledos, le bâton de l’artiste à la main, et muni de sa provision de cigares, quittait, p alune douce matinée remplie de soleil et de parfums printaniers, la sombre métropoledu pays des Arvernes, pour explorer de nouveau, et cette fois dans le sens de t fSgraves instructions, la vieille Auvergne , la plus pittoresque des provinces du royaume-
Tu sais que l’Auvergne se divise en haute et basse : la première, formant actuelle'ment le Cantal, et presque la Haute-Loire ; la seconde, renfermée tout, entière dansle département du Puy-de-Dôme . Tu sais en outre qu’à cette division topographiqoecorrespondent des différences essentielles dans les usages, les mœurs, le caractère,le costume et la langue des populations. Ceci posé, une première alternative se pi'é"sentait à ton ami. Devait-il d’abord porter ses pas dans la haute ou la basse Au-vergne? Habitant et originaire de Clermont , je me suis décidé, par des convenancesde voisinage, à ouvrir mon itinéraire en visitant les annexes de mon département-Mais je n’étais pas encore quitte de mes irrésolutions; une seconde difficulté s’est,en effet, immédiatement présentée : fallait-il commencer par la Limagne ou le Puy-de-Dôme , ces deux magnificences de notre pays? Après quelques minutes de délibé-ration, j’ai opté pour la montagne, dont les populations ont plus de relief et d'o-riginalité, et je me suis orienté en conséquence.
Sorti par la barrière de Fongièvre, j’ai fait d’abord le pèlerinage obligé à la fon-taine minérale de Saint-AIlyre et a son pont miraculeux, puis j’ai pris la directiondes villages de Durtol et de Sarcenat, situés sur le flanc des pics qui font face à l*ville, du côté de l’ouest. En suivant paisiblement la belle route, moitié romaine,moitié française, qui conduit au pied du Puy-de-Dôme , et en me retournant, p al 'intervalles, pour contempler le paysage éblouissant qui se déroulait sous mes pieds,je ne pouvais m’empêcher de me rappeler ces paroles de Swift : « Il entre plus de« vanité puérile dans les voyages lointains qu’une véritable curiosité, qu’un amour« sincère de la science. » Swift pensait probablement aux Français quand il écrivait-cet axiome. Jamais peuple, en effet, ne s’est plus ignoré lui-même, n’est resté ph ,scomplètement étranger aux beautés pittoresques, aux richesses poétiques, aux gran-deurs de toute sorte qui sont semées à profusion sur le sol qu’il habile. Quand nosvoisins d’oulre-Uhin ou d’oulre-mcr viennent en France , ils ouvrent une enquêtadétaillée sur nos mœurs, nos usages, notre puissance, et les divers éléments de notrenationalité; puis ils s’en vont écrire chez eux de gros livres qui sont fort go flics,et où nous pourrions trouver sur la France des renseignements très-curieux et m ulà fait inédits. Comment justifier une indifférence qu’explique si peu notre anioi"sincère pour le pays, et notre orgueil national ? N’avons-nous pas en effet autour denous de quoi satisfaire à la fois à l’admiration béate du touriste, à la raison sévèrede l'observateur, aux inspirations du poêle, aux fantaisies de l’artiste? N’avons-nom’pas des sites magiques, des cimes couronnées d’une neige éternelle, des latitude 1 ’variées, des costumes pittoresques, des populations tout entières qui, par !e<u
immobilité au milieu des faits nouveaux de la sociabilité moderne, nous ramènent
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aux premiers temps de notre histoire, aux premiers rudiments de notre civilisation •N’avons-nous pas de belles races d’hommes, à la carrure puissante, à la taille alhh'-