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L'AUVERGNAT.
matin, la cloche Je la messe se lit entendre, et tout le village, qui, depuis quelq ll ® sinstants était réuni, en habits de fête, sur le Coup-d’Air, s’empressa d’entrer à 1®,glise. Après la cérémonie, qui fut suivie d’une longue procession, j’allai, coniffl®
mes hôtes, m’adosser à la porte du vieux monument, pour bâiller un instant a"
goû'six
soleil, et tâcher de me rendre compte du vif plaisir que le montagnard paraîtter'dans cette position. La, je vis sortir le curé qui, accompagné de cinq ou
collègues, venus la veille des communes voisines, gagna le presbytère, pour pren<l r ®place avec eux a un très-confortable repas, où les volailles, cadeaux ordinaires d eS ■paroissiens a cette époque, occupaient le premier rang. Une autre table était d rtSsée près de moi, sur. la place de l’église, et je vis le bedeau et les chantres s’y asseo' rpour faire honneur à quèlques débris encore fort réjouissants qu’envoyaient les co"vives du presbytère. Dafis une maison voisine dînaient également deux personnageimportants de la fête, le roi et la reine, en compagnie d’une cour assez nombreuseUn mot sur l’origine de cette dénomination monarchique. Le matin, j’avais assis 1 ®au défilé de la procession, et, au moment où passait l’heureux couple auquel le c0 ^ e
avait commis le soin de porter la châsse et la bannière du patron, une grosses’était écriée près de moi : Quouè bon ; ma ne le l’ont pas ruba ( C’est bien, mais
vol*
ils
ne l’ont pas volé). Le soir, en revenant au logis de mes hôtes, je. m’informai d"sens de ces mots, et l’on m’apprit que le curé, dans cette circonstance, avait l’l iabilude de mettre aux enchères le droit de porter, pendant la procession* le sai'd»l’oriflamme, et.enfin les drapeaux qui doivent précéder la châsse. Le dernier end'®'risseur pour la châsse prend le tilre.de roi, et celle a qui la bannière a été adjugé( les femmes concourent seules pour la bannière) est proclamée reine aux acclam a 'tioils delà foule. Le produit des enchères est versé dans la caisse de la fabriq ue ’pour être consacré aux besoins de l’église.
La fête patronale duré de deux a trois jours, qui se passent presque continuel'®ment a festoyer. Ce qui se consomme en cette occasion est. énorme : chaque ménagédans la prévision d’un nombre .considérable de convives, a fait depuis quinze jo
d’abondantes provisions qu’augmentent, en cas d’insuffisance, les réserves viva
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de la basse-cour; puis, ce sont de toutes parts des efforts inouïs pour se surpu 1mutuellement en prodigalités de toute sorte. J’ai vu des maisons qui tenaientcouvert prêt pour le premier venu, avec une cuisine en permanence où vénals’installer pêle-mêle tous les nécessiteux du village, indomptables appétits auxq 111douze mois de privations avaient donné une puissance incalculable.
Le soir du dernier jour de la fête, les réjouissances sont terminées par un mag 1fique feu de joie qui remplace exactement pour los paysans nos pièces d’artifice-
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MŒURS. — ÉTAT INTELLECTUEL. —SENTIMENT RELIGIEUX.
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Voici dix jours, mon cher ami, que j’habite le village où j’ai fait provisoir eI11 ® (| -élection de domicile, temps suffisant, je crois, pour observer avec quelque niai 11