L'AUVERGNAT.
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Ullu population qui n’a aucun intérêt a se dérober à mes recherches ou à poser plusI*' 1 ,n °ins héroïquement devant moi et que j’avais d’ailleurs visitée antérieurement.J<1 grande sévérité de mœurs qui caractérise le. paysan a tout d’abord attiré mon'"tention.Dès que la jeune fille devient nubile, elle est l’objet d’une attention géné-r ale qui j a su jj j US q Ue dans les moindres actes de sa vie; la même surveillanceexerce sur le jeune garçon, dont toutes les démarches s'ont sévèrement contrôlées." e faute a-t-elle été commise, si elle n’est pas réparée par une union légitime,s deux coupables sont obligés de s’expatrier, pour aller chercher ailleurs desMoyens d’existence qui leur seraient refusés dans le village. Cette première et ter-nie conséquence d’un imprudent amour ne suffit pas à la vindicte publique : lescents eux-mêmes sont solidaires de la faute de leurs enfants, pour s'’être relâchés" la sollicitude active dont ils devaient les entourer. Cette rigidité de principess etend encore plus loin : ainsi la Ville (Clermont) étant aux yeux du paysan unVer itable foyer de perdition, le jeune gars qui commettrait l’imprudence d’y enlro-ten 'r des relations trop suivies serait frappé, aux yeux des siens, d’une sorte d’indi-^'ité. Toutes les portes se fermeraient pour lui, nul ne-consentirait a l’employer,ct les mères lui refuseraient leurs fdles. Mais aussi comme toute cette populationesl remarquable par la force et la santé ! Les maladies graves lui sont généralement"•connues, et j’y rencontre chaque jour, des vieillards presque centenaires qui fonten core leur tâche quotidienne, et continuent d’apporter à la famille le tribut de leurtravail.
Cette austérité patriarcale de l’Auvergnat montagnard a deux causes essentielles :*9norance et le sentiment religieux. Sans prétendre exhumer un paradoxe jadis cé-®" re sur l'antagonisme des lumières fet des mœurs, je te dirai tout simplement que•Snorance, du moins dans le pays que j’observe, a bien réellement l’effet que je luia ttribue, par cette raison élémentaire qu’elle fait accepter sans discussion par leToysan le principe religieux dont tu ne nieras pas, j’espère', l’influence moralisa-tr 'cc. Ne va pas te représenter toutefois mon brave montagnard comme le plus pri-n ntif (] es | 10 mmes. Sans doute il n’a pas encore les charrues Dombasle ou Grangé,semoirs Quentin Durand; et certainement il n’a pas lu les traités agrico-scienti-^•lues des lioussingault, des Payen et des Gasparin ; mais ses travaux n’en sont pas"•oins raisonnablement dirigés. D’ailleurs, il supplée aux procédés économiquesUne agriculture éclairée par un travail infatigable, par la constance, la ténacitées efforts. Forcé de lutter contre un sol détestable où le rocher pousse h fleur deter re, j| réussit cependant à faire chaque jour des conquêtes nouvelles sur celleteiste nature, et c’est un spectacle admirable que celui des belles et florissantes cul-teres qu’à force de patience, de dévouement et presque d’héroïsme,,il a portées sur° s crêtes les plus arides de la. montagne!
D’ailleurs, l’ignorance n’a pas étouffé chez lui l’esprit d’observation : ainsi, à la"•arche du soleil, et a certains effets de lumière sur les murs ou les arbres, il re-" 0r| naît l’heure avec une précision frappante. Une large fleur, de la famille deschotropes, et qu’il suspend au-dessus de sa porte, lui apprend*-en ouvrant ou en"""tractant sa corolle, l’état de l’atmosphère dans ses moindres vicissitudes. Enfin