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Province. Tome second.
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LE BOURGUIGNON.

Ma le pu béa de l'histoire,

Ce fu que l’âne et le beu

Ansin passive tô deu

Lai neù san maingé ni boire.

Que d’âne et de beu je saiCouvar de pane et de moire,

Que d’âne et de beu je saiQui n’aii airein pa tan fai ?

Si parmi les beu et les Ane qu’ai saivô, se trouvaient des académiciens, c’était suffi-sant, je crois, pour lui attirer leur plus cordiale aversion.

Les Noëls de La Monnoye ne sont pas connus comme devraient l’être des mor-ceaux aussi spirituels. Cachés sous leur enveloppe bourguignonne, ils ne sontabordés que par ceux qui comprennent assez le dialecte dijonnais pour pouvoir leslire avec plaisir. C’est grand dommage, car ces cantiques malicieux, ces dévotes sa-tires sont un véritable chef-d’œuvre de patois bourguignon. Les éditions en sontd’une rareté extrême, et une nouvelle qu’on entreprendrait en la faisant suivre duGlossaire que La Monnoye lui-même a donné comme étant d’un de ses amis, neserait peut-être pas une entreprise infructueuse. Pour avoir un échantillon du mêmepatois en prose, on peut citer ici le commencement de l ’Evartisxeman dont le malinDijonnais a fait précéder son recueil : « Corne i seù de lai race dé bon Barôzai, je« n’ai jaimoi velu palai autre langaige que stu de feù mon peire, ai de feu mon« gran peire, ai qui Dei baille boue vie. C’étoo dé jan, san vanitai sè-ti-di, qui aivein« de lai lôquance autan qu’Echarre de Dijon . El étein l’honneur de lai ruë du Tillô,« voù se trôvoo de lote tam lai feigne fleur du patoi. Ma on di bé vrai : çant en« banneire, çant en ceveire. Depeit que de grù monsieu, et de grande Daime se sonic venun éborgé dans le quatei, i me seù éporsu que le Borguignon y é quemancé« ai faire lai quinquenelle. Mai faune et més anfan s’y gâtein de jor en jor, et j’ai« remarquai qu’on y bailloo, etc., etc. » Puis, terminant en vers ce même Evartis-seman, « Vo peuvé, dit-il,

Vo peuvé tête la jouéeChantai gaiman lo rctonée,

Seul-, tau que vo lé chanteré,

Que jaimoi vo ne dormiré »

Barôzai ( Bas-Kosé) est le pseudonyme sous lequel il a publié ses Noëls. C’étaitle nom d’un vigneron ainsi nommé parce qu’il portait d’ordinaire un bas couleurde rose. Ce nom était devenu tellement populaire, que plus tard il s’est trouvé lesynonyme de vigneron, et qu’on se servait indistinctement de l’un ou de l’autrepour désigner celte classe de travailleurs.

Mais une petite pièce plus curieuse, parce qu’elle n’a jamais été imprimée, estune chanson campagnarde recueillie dans les environs de Chalon-sur-Saône . Beau-coup de chansons de nos paysans ne se conservent que dans leur mémoire. Celle-cipourra prouver, par sa légèreté et son idée gracieuse, qu’il est parfois dommage de