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Province. Tome second.
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LE BOURGUIGNON.

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.l’aurais mieux aimé vous parler du siège de Saiut-Jcau-de-Losue (25 octobre1654), ce trait d’héroïque patriotisme, un des plus honorables de l’histoire deBourgogne, et digne des plus beaux jours de la Grèce et de Rome ; ce siège oùcent cinquante soldats du régiment de Conti, sur de faibles remparts, et avec huitpetites pièces d’artillerie, repoussèrent glorieusement l’armée ennemie, qui couvraitles plaines environnantes; ce siège, dont la défense est due h deux hommes, PierreDesgranges et Pierre Lapre, l’un échevin, et l’autre maître des clefs et portes de laville, qui refusèrent de capituler, et répondirent que la garnison était prête a sedéfendre ou a périr. Un trait pareil efface bien des taches dans l’histoire d’unpays.

Le sol de la Bourgogne , à le considérer en peintre et en poète, est peut-être moinsbeau, moins accidenté que celui de certaines autres provinces; on n’y trouve niles hautes montagnes, ni la mer. Mais en revanche une végétation vigoureuse, uneverdure à défier les hivers, un ciel pur, une riche et chaude lumière éclairant detranquilles paysages, un air vif et frais, de gracieux horizons, voilà ce que l’artistepeut trouver dans cette agréable contrée. Plusieurs sites néanmoins sont pitto-resques : les environs de la Rochepot , le Val-Suzon, et maints autres endroits sontremarquables; les environs d’Aulun sont remplis d’antiquités romaines; la plupartdes vallons vignobles sont d’un délicieux aspect, et si l’on veut de charmantes fan-taisies, on peut croquer sur son album les masures grises et les maisonnettes deterre de nos paysans.

M. Duvivicr nous a tracé le tableau du Morvan. Il est bien, peut-être, légèrementempreint decet excès d’amour filial dont nous avons parlé plus haut ; mais regardezà travers un prisme un peu moins poétique, et vous aurez l’idée juste de l’aspectdu pays. On ne peut pas, du reste, en vouloir a un écrivain d’aimer l’endroit qu’ila longtemps habité :... assez d’autres se targuent d’un superbe dédain pour lesmontagnes et les prés où ils couraient, enfants, au soleil. « La chaîne des montagnesdu Morvan, qu’il appelle la Suisse du Nivernais , est, dit l’auteur morvandeau, ca-pricieusement coupée, tantôt par d’agréables vallons, tantôt par de profonds ravins.Ses horizons ne flottent point vagues et indécis, noyés dans des brumes perpétuelles :d’une proportion plus saisissable, ils se dessinent nus, arrondis, festonnés, bizarres,empreints toujours d’une mâle et sauvage originalité. Ses paysages ont des tonsexcessivement multipliés : ici, des montagnes couronnées de noires forêts, aux flancsdesquelles sont suspendus de riants chalets; là, des collines cultivées, couvertes dejaunes moissons, de frais villages éparpillés au pied; plus loin, de grasses prairies,avec leurs blancs troupeaux; puis de longs étangs verts; partout, les accidents lesplus romantiques, les aspects les plus variés. On n’y voit point des massifs de peu-pliers robustes ou de pins majestueux, mais une végétation vivace et noueuse : lehêtre au feuillage lisse et touffu, L'arcjolel (le houx) vert et dentelé, le châtaignierrabougri, l’humble bouleau, le timide genévrier et le genêt, qui dore de ses bellesfleurs les champs de seigle ou de sarrasin. »

L’aspect général de l’arrondissement de Charolles présente à la vue une très-grande et très-agréable variété. Pour horizon d’abord vous avez la chaîne dentelée