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Province. Tome second.
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LE BOURGUIGNON.

de montagnes primitives qui se détache des Cévennes, traverse en serpentant le soldu sud au nord, et sert de ligne de démarcation entre le bassin de la Loire et celuide la Saône . Puis, au milieu du paysage, ce sont des collines, des ruisseaux, desplaines, de belles prairies, des terres a blé, des étangs, de grandes forêts ; puis en-core les côtes de la Loire , qui déroulent leurs nappes fertiles ; puis enfin la partieoccidentale de votre tableau, composée autrefois du Charollais et du Brionnais , pla-teau immense que vous voyez découpé dans tous les sens par une multitude de val-lées,peu profondes, il est vrai, mais fraîches, vertes et riantes.... N’est-ce pas quela Bourgogne n’est pas encore si pauvre en sites et en paysages ?

En fait de souvenirs historiques se rattachant aux monuments détruits ou exis-tants, notre province est tellement riche qu’il faut renoncer a essayer même de lesénumérer. Quand j’aurais cité le château de Montaigu, rasé par Henri IV après laligue ; celui de Druyes, où se confirmèrent les libertés d’Auxerre ; celui de Chas-tellux, célèbre par la famille de ses possesseurs, et qui subsiste toujours depuis 1240 ;celui de Germolles, où couchèrent François I or et la belle Ferronnière, Henri IV et Gabrielle ; quand j’aurais parlé de l’église de Verdun , où se trouve la chapelledes Treize, refuge des treize seules familles qu’en 1547 la peste laissa dans cettepetite ville; quand j’aurais rappelé l’abbaye de Saint-Marcel, où mourut le mal-heureux Abeilard ; l’église du même bourg, érigée à la gloire de Dieu par Gontran,roi de Bourgogne ; Ghâlons-sur-Saône, ruiné, inondé, incendié, rasé, et reconstruitsept fois; quand j’aurais, dis-je, évoqué tous ces souvenirs, il m’en resterait en-core dix fois plus a citer... Raisonnablement je ne puis vous imposer, ni à moi,cette lâche un peu longue. D’autres détails me réclament.

Il me reste à parler de la richesse commerciale de cette bonne province dontje vous ébauche le tableau. Un de ses principaux titres a la renommée, c’est l’é-tendue et la qualité de ses vignobles. C’est que, voyez-vous, ce bon vin de Bour-gogne, qui faisait, en 1595, rester le pape et les cardinaux a Avignon , malgré lesoffres et démarches de Philippe le Hardi ; ce bon vin, que Pétrarque disait queBenoît XIII ne trouverait pas en Italie : c’est que ce bon vin, dis-je, est une sibonne chose, qu’il serait bien difficile de ne pas l’apprécier... Jus délicieux, nectardelà Côte-d’Or , je sais des Bourguignons qui te canoniseraient!

Les vignobles de la Côte-d’Or sont plantés sur une chaîne de montagnes quiporte ce nom, et l’a donné au département. Elle se divise en deux parties qu’ona nommées côte de Nuits et côte Béarnaise. C’est la première de ces côtes quinous produit le Romanée, le Rïchebourg, le Chambcrt'in , le Nuits, le Clos-Vougeol,ce fameux Clos-Vougeot, affiché a la porte de tous les marchands de vin de Paris ,et dont le produit ne suffirait pas à leur en donner à chacun deux verres ! Le Vol-nag, le Beaune , le Pomard, le Meursaull et le Môntracliet, ces deux derniers blancs,nous viennent de la seconde côte.

Vous savez tous aussi bien, et peut-être mieux que moi, quelles précieuses qua-lités distinguent les vins de ces crus. La supériorité qu’ils ont sur tous les autresn’est pas contestée... Le vin de Bourgogne est entre tous les vins comme une joliefemme est entre toutes les femmes... c’est le vin par excellence. Vous allez peut-