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Province. Tome second.
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LE POITEVIN.

aussitôt réprimées. Uu homme du bas Poitou se battit longtemps contre les gen-darmes avec une fourche, et reçut vingt-deux coups de sabre. On lui criait : « lion -de/ vos armes ! » il répondit jusqu’à la mort : « Rendez- moi mon Dieu ! »

La journée du 10 août 1792, les Tuileries violées, le roi prisonnier, répandent lastupeur. Delouche, maire de Bressuire , refuse d’exécuter une mesure du gouverne-ment ; on le chasse-de la ville, quarante paroisses se soulèvent à sa voix. L’expéditionest mal conduite. On marche sur Châtillon qui ne résiste pas. Les gardes nationalesdéfendent Bressuire , cent paysans tombent en criant : Vive le roi ! Les gentilshommesqui commandaient sont pris et fusillés. Cette première victoire de la république futsouillée par les premières atrocités. Duçhâtel de Thouars fut blessé en essayant desauver les prisonniers; on les massacra dans ses bras. C’est ce même Duchàlel, digneVendéen, qui se fit porter mourant à la tribune de la Convention, lors du procèsdu Roi, pour lui donner son vote au milieu des clameurs et des piques.

La fameuse levée des trois cent mille hommes provoque deux révoltes simultanéesdans le haut et le bas Poitou. Bressuire presse le recrutement par des mesuresviolentes; les jeunes gens se sauvent dans les bois. De Fontenay à Nantes , même ré-sistance. Des rassemblements se forment à Challans et Machecoul ; un perruquier,nommé Gaston, se met à leur tête, tue unofücier, et revêt son uniforme; il s’em-pare de Challans , marche sur Sainl-Gervais, tombe mort à la tête des siens, et passelongtemps h Paris pour le chef le plus important des révoltés.

A Saint-Florent-le-Vieil, le tirage était indiqué pour le 10 mars. Les jeunes gensrésistent; on les harangue, ils se mutinent; on fait avancer une pièce d’artilleriequi les mitraille; les paysans s’élancent, prennent la pièce, chassent l’autorité et sesgardes, pillent et brûlent le district, ses papiers et sa caisse, passent le reste dujour à se réjouir, et se retirent sans songer aux vengeances terribles qu’ils attirentsur leurs têtes.

Or, il y avait dans le bourg du Pin-en-Mauges un homme juste et respecté dansle voisinage. C’était un voiturier colporteur de laines qui s’appelait Cathelineau ,il était occupé dans sa maison à pétrir du pain, quand on lui conte ce qui s’est passé ;il s’émeut, prévoit les malheurs du pays si l’on ne soutient la révolte; il essuie sesbras, résiste aux prières de sa femme et court sur la place. On l’écoute, vingt habi-tants prennent des armes. Ils partent, leur nombre s’accroît en chemin, ils arriventau village de la Poitevinière; Cathelineau sonne le tocsin, rassemble les paysans,harangue sa troupe qui monte à cent hommes. Il court sur un poste républicain, àJallais, défendu par quatre-vingts hommes et une pièce de canon. Le canon gronde,les paysans se jettent contre terre, s’élancent sur la pièce, le poste est enlevé. Ilsarrivent sans reprendre haleine à Chemillé, où ils trouvent deux cents républicainset trois coulevrines; ils essuient une première décharge, s’élancent sur l’ennemi aupas de course et l’écrasent.

Le lendemain Stofflet , le garde-chasse de M. de Maulevrier, amène deux millehommes; le nommé Forêt, du village de Chanzeau, poursuivi par les gendarmes, entue un d’un coup de fusil, court à l'église, sonne le tocsin et rejoint aussitôt Catlie-litieau avec un renfort de sept cenls hommes. Ces forces réunies se portent sur Chollet,