LE POITEVIN.
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ville considérable, chef-lieu du district, l’attaquent avec la même audace et rem-portent sur sept cents républicains appuyés de quatre pièces d’artillerie. On y trouvedes munitions, de l’argent et six cents fusils. Les troupes évacuent Vihiers, la ré-volte se précipite et s’étend comme une lave ardente. En cinq jours les insurgés doBocage et du bas Poitou sont les maîtres de Saint-Florent, Jallais, Cbemillé, Chollet,Vihiers, Challans , Machecoul, Léger, Palluau, Chanlounay, Saint-Fulgent, les Her-biers, La Roche-sur-Yon, menaçant, à toutes les extrémités du pays, Luçon , lesSables-d’Olonne et Nantes .
Les fêtes de Pâques approchaient. Les paysans se séparent et s’ajournent à la Qua-simodo. On annonce dans les clubs d’Angers et de Nantes la lin de l’insurrection. Maisle général Labourdonnaye prend ses mesures et fait avancer Marcé au Pont-Charronavec sa division; Marcé est repoussé. Les Vendéens se rassemblent a Chollet. Cheminfaisant, ils pressent d’Elbéeet Bouchamps, deux officiers retirés dans leurs châteaux,de se mettre 'a leur tête. D’Elbée était auprès de sa femme qui venait d’accoucher ; ilcède pourtant et il part. En même temps les insurgés du bas Poitou reviennent jus-qu’à trois fois au château de Charette de la Contrie, pour le décider à les commander.La troisième fois ils menacent de le massacrer comme un lâche. Il se lève alors, lesmène à l’église de Machecoul, et jure publiquement sur le saint Evangile de mourirplutôt que d’abandonner la cause qu’il embrasse. « Promettez comme moi, dit-il en-suite en se retournant, que vous serez fidèles à la cause de l’autel et du trône.—Oui !oui 1 » s’écrient les paysans en brandissant leurs armes. Dès le 15 avril, les divisionsde d’Elbée, Stofflet , Cathclineau et Bérard forment la grande armée catholique etroyale , devenue si fameuse.
Cependant le général Berruyer succède à Labourdonnaye. Bressuire , un instantmenacé par les royalistes, épouvante le Bocage par des mesures impitoyables ; toutesles paroisses des environs étaient désarmées depuis l’affaire du mois d’août. Les pri-sons se remplissaient de suspects. Sur ces entrefaites, à l’occasion du tirage à la milice,un paysan vint avertir Henri de Larochejaquelein, qui se cachait à Clisson, chez M. deLescure, son cousin ; cet homme lui dit : « Est-il bien possible, M. Henri, que vousiriez tirer à la milice, tandis que vos paysans se battent pour ne pas tirer? Venezavec nous, tout le pays vous désire et vous obéira. » Henri n’hésite pas, et part lanuit, avec le paysan, à travers mille périls.
Il arrive pour "être témoin d’une défaite qui fait reculer les royalistes jusqu’àTiffauges . On n’avait pas deux livres de poudre, l’armée allait se dissoudre. LesMarseillais arrivent à Bressuire et commencent par égorger les prisonniers; ils par-lent enlin contre les rebelles en chantant leur hymne.
A la vue de Larochejaquelein quarante paroisses se soulèvent et envoient leurshommes dans la nuit, armés de fourches, de faux, de haches; ils n’avaient pas entout deux cents fusils de chasse. « Mes amis, dit Henri, si mon pcre était ici, vousauriez confiance en lui; pour moi, je ne suis qu’un jeune homme, mais si j’avance,suivez-moi; si je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez-moi. » On arrive aux Au-biers, on marche derrière les haies, on entoure le village en silence. Les balles pleuvcn tsur les soldats, ils font un mouvement. « Les voilà qui fuient !» crie Henri. Les paysans