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LE POITEVIN.
escaladent les haies aux cris de Vive le roi ! Les bleus se troublent, se débandent; onles poursuit l’épée aux reins jusqu’à une demi-lieue de Bressuire . Henri court aussitôtencourager l’armée d’Anjou . Cheniillé, Chollet, Vihiers sont repris, le plus granddésordre règne à Bressuire . Les Marseillais y rentrent éperdus, et se vengent de leurdéfaite sur des prisonniers désarmés qu'ils massacrent. Le 1 er mai l’armée prendArgenton-le-Château, et marche sur Bressuire. Les troupes républicaines sont frappéesde terreur. On défile sans bruit danslanuit, les Marseillais désertent : c’est qu’il fallaitcombattre et non plus égorger. Le lendemain Lescure et Marigny amènent avec euxquatre mille hommes ; on trouve encore de nouveaux officiers ; ou part le 5 mai pourThouars. Quétineau y élait arrivé le 5 et n’avait pris aucune précaution. Les Ven-déens avaient choisi quatre points d’attaque. MM. de Lescure et Larocbejaqueleindevaient commencer l’affaire au pont de Vrine, à demi-lieue de la ville, mais lesautres divisions arrivent trop tard, cette fausse attaque devient la principale ; lacanonnade commence à cinq heures ; à onze heures les Vendéens manquent depoudre, Lescure se précipite sur le pont, un fusil à la main. Larocbejaquelein etForêt accourent à son secours et entraînent la troupe, le passage est forcé. Arrivésau mur, les paysans essayent de desceller les pierres à coups de piques. « Carie , ditHenri à un paysau, je vais monter sur tes épaules. — Montez. — Donne-moi tonfusil. » Il touche à la cime tout seul, on le blesse; les paysans escaladent après lui,la ville est prise au moment de capituler. On court aux églises, on sonne les cloches,on remercie. Dieu de cette victoire. On trouve là six mille fusils, douze caissons.Partheuay ouvre ses portes. La Chataigneraye résiste, on l’emporte d’assaut; enmême temps Charette prend l’ile de Noirmoutiers d’un coup de main. Les divisionsdu Loroux et de la Cathelinière bloquent Nantes . A chaque instant des transfugespassaient aux Vendéens; on ne se souvient pas d’avoir vu des Vendéens passer à larépublique.
Les paysans, depuis longtemps sous les armes, voulaient rentrer dans leurs foyers.11 en restait encore sept mille sous les drapeaux ; on les mène à Fontenay. D’Elbée estblessé, La ftlarsonnière pris avec deux cents hommes, la bataille est perdue. L’évêqued’Agra arrive le jour de la défaite et harangue l’armée ; les chefs attribuent la colèrede Dieu à des désordres commis à la Chataigneraye, ils courent les rangs; les pay-sans se jettent à genoux, reçoivent l’absolution , et les chefs les ramènent à Fon-tenay en criant : « Mes enfants, nous n’avons plus de poudre, il faut prendre lescanons avec des bâtons! » Il n’y avait, comme il arrivait souvent, que quatre coupsà tirer pour chaque fusil et trois gargousses pour chaque pièce. Le général Chalbosles attendait en bonne position, à la tête de son armée, soutenue de cinq générauxet de sept représentants du peuple. Lescure, commandant l’aile gauche, s’avance àtrente pas en avant de sa troupe, une batterie de six pièces crible ses habits de mi-traille. « Vous le voyez, dit-il, ils ne savent pas tirer. » Les Vendéens s’élancent aupas de course, ils rencontrent une croix do mission et tombent à genoux. « Laissez-lesprier ! » dit Lescure aux officiers qui les pressent. Ils se relèvent, et il met son chevalau galop pour n’être point devancé. Une charge de Larochejaquelein décide la bataille.Lescure entre seul dans la ville, Bonchamps et Forêt le suivent dans ce péril. Un