LE POITEVIN.
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bleu se ravise en fuyant, et voyant Bonchamps isolé, lui peree le bras d’une balle;mais la ville était emportée et les prisonniers vendéens délivrés. On prit a Fontenayquarante pièces de canon, quatre mille hommes, sept mille fusils et vingt barils depoudre. Ou lâchait les prisonniers jusqu’alors sur une vaine parole. On s’avisa dé-sormais, avant de les renvoyer, de leur couper les cheveux pour les reconnaître.Les républicains leur coupaient la tête.
Le 25 de ce mois, la royale armée se disperse, comme de coutume, pour les tra-vaux de la moisson ; mais il est temps de jeter un coup d’œil sur cette armée mysté-rieuse qui ne se faisait connaître à l'Europe que par le bruit de ses coups terribles.Elle venait d’atteindre un certain point de régularité. On avait créé à Cbâlillon unconseil supérieur, sous la présidence du prétendu évêque d’Agra. L’administrationdu pays conquis était organisée, les divisions étaient mieux armées et riches desmunitions prises sur les bleus. En paysan demandait un jour des cartouches. « Envoilà ! » dit l’offlcieren montraut l’ennemi. Les Vendéens étaient divisés par paroissescommandées par un capitaine. Les capitaines obéissaient aux divisionnaires, ceux-ciaux chefs supérieurs. Les paysans de l’infanterie portaient un pantalon de lainebrune, une grande veste, un chapeau à larges bords ou un bonnet de poil ; sur laveste, une casaque blanche traversée d’une croix noire, où pendait quelque reliquede loyaliste, de frères d’armes à venger; un chapelet autour du cou et un fusil. Lacavalerie, montée en partie sur des chevaux de labour de toutes tailles, de toutescouleurs, était formée des jeunes gens les plus ardenls, la plupart en sabols, sansétriers et sans selles; les sabres pendaient à des ficelles, et^ouvent ces sabres n’étaientque des faux emmanchées à rebours, arme d’un aspect étrange et effrayant; desépaulettes et des cocardes républicaines traînaient en trophée à la queue des che-vaux. Ils portaient la cocarde blanche, noire ou verte; ils avaient en outre un Sacré-cœur cousu sur la poitrine, et le chapelet à leur boutonnière. Cette cavalerie étaitterrible dans les poursuites. L’ambition d’un cavalier vendéen était de tuer un hus-sard pour le dépouiller de son cheval et de ses armes; et les hussards le savaientbien. Les officiers étaient mieux équipés, niais ils ne portaient aucun insigne, saufdes mouchoirs rouges à la ceinture et sur la lête; plus lard, ils se distinguèrent parla couleur du nœud des écharpes.
Une entreprise décidée, on sonnait le locsin, une réquisition ainsi conçue couraitla paroisse : Au saint nom de Dieu , de par le Roi, telle paroisse est invitée à envoyerle plus d’hommes possible en tel lieu, tel jour, telle heure, on apportera des vivres;et le paysan accourait avec son fusil et son pain. Mais il fut impossible d'introduireplus de discipline parmi des hommes qui distinguaient à peine leur main gauche dela droite; on leur criait : Courez à cet arbre, à ce fossé, sur ces genêts! Réunis endivision, ils s’avançaient par colonnes de quaire hommes de front, enlouraientl’ennemi en silence, et commençaient la fusillade. Bons chasseurs, visant à l’œil,tous leurs coups porlaient. L’ennemi, étonné, voyait alors quelques tirailleurs surgirçà et là. Les paysans s'étendaient lentement, se repliaient pour al tirer les troupes,puis à ce cri : Egaillez-vous, nies gars ! ouvrant leurs ailes, ils les enveloppaient clse précipitaient sur les baïonncltes en poussant de grands cris comme les peuples