LE POITEVIN.
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campé h Niort avec quinze raille hommes, prend six raille soldats, pénètre la nuità Parthenay , égorge les gardes et en chasse les Vendéens ; il se porte de là sur lebourg d’Amaillou et le brûle; il arrive, la torche 'a la main, a Glisson, prend le châteaude Lescure, le met à feu et a sang, et occupe Bressuire . Lescure et Larochejaqueleinl'attendent avec quatre mille hommes; il se jette le sabre à la main sur les Ven-déens, les met en fuite et entre le même jour à Chàlillon. Aussitôt il envoie mettrele feu au château de Larochejaquelein ; les paysans l’éteignent et fusillent les envoyés.11 fait chanter un Te Dcum par un évêque intrus, et devait, le lendemain, marcherà Chollet, pour achever, disait-il, d’écraser ces brigands; mais l’armée royale li-cenciée à Nantes s’y rassemble. Le 5 juillet, la fusillade surprend les bleus, Wes-termann charge à la tête de ses cavaliers ; une mousqueterie a bout portant lui abattout sou monde; il se sauve seul à toute bride. 11 était venu avec dix mille hommes,il s’en échappa à peine trois cents. Les incendies avaient exaspéré les paysans; lesfemmes assommaient les fuyards à coups de fourche. Le pieux Lescure, dans Châ-tillon même, en sauva quatre mille qui s’attachaient a ses habits. « Retire-toi, criaitAlarigny, que je tue ces monstres qui ont brûlé ton château ! — Marigny, Marigny,dit Lescure, lu es trop cruel, tu périras par l’épée; laisse ces malheureux, ou je vaisles défendre contre toi-même. » On a calculé que Lescure avait sauvé la vie, duranttoute la guerre, à plus de vingt mille prisonniers.
La Vendée alors semblait entourée d’un mur de baïonnettes, et Paris vomissaitsans cesse de nouvelles légions. Santerre sort de Saumur , son quartier général, avecsa populace des faubourgs de Paris et quarante pièces de canon. La Vendée réunitses forces. On se rencontre près de Vihiers. Le curé de Sainl-Laud exhorte les Ven-déens et donne l’absolution. Santerre perdit quatre heures à ranger ses troupes. Lachaleur interrompt le combat : M. de Lescure, exténué, tombe en défaillance. Lesbleus sont arrêtés par les feux réguliers des Suisses ; dix mille Vendéens les chargenten queue, ils crient : Sauve qui peut ! Santerre s’échappa en sautant à cheval un murde six pieds.
L’armée vendéenne est licenciée; la tranquillité se rétablit dans le pays : onnomme d’Elbée généralissime a la place de Cathelineau . Les bleus, consternés, serassemblent : le général Tuncq recommence les hostilités et rentre à Luçon ; leschefs royalistes convoquent trente-six mille hommes, décidés a reprendre Luçon ou à périr. Les Suisses demandent que la bataille se livre le 4 0 août, anniversairedu massacre de leurs camarades. Tuncq prend de sages mesures et dispose habile-ment ses forces qui étaient inférieures. Les paysans s’élancent au pas de course;l’artillerie légère se démasque tout a coup, quatre mille fantassins cachés dans unravin se lèvent avec de grands cris; les Vendéens se troublent, la cavalerie lescharge, ils sont en pleine déroute.
Les Poitevins avaient été vaincus par la ruse : M. de Royrand réunit avec peinesix mille paysans, d’Elbée et d’Autichamp le rejoignent avec douze mille hommes; iltourne la position de l’ennemi, d’Elbée descend secrètement par Saint-Philbert etpasse derrière le camp républicain ; les deux armées vendéennes attaquent simul-tanément et foudroient le camp ennemi ; d’Autichamp emporte les retranchements