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Dans la traversée, Napoléon m'a dit qu’il y avait plusieursmembres du sénat et d’autres grands personnages qui avaientfait une insurrection, et créé un gouvernement provisoire quile rappelait au trône.
Nous débarquâmes au golfe Jouan le 1er Mars , à deuxheures après midi. L’on campa auprès du rivage. Nous par-tîmes dans la nuit suivante : les préparatifs qu’on faisait, lesmesures qu’on prenait, m’inspiraient des craintes; je les té-moignai. Napoléon m’assura que nous ne nous battrions pas.Je répétai encore que jamais je ne me battrai contre mon puys.
Pendant ce peu de jours, et contre son ordinaire, Napoléonme dit beaucoup de choses honnêtes; il devait me faire l’in—tendant-général de son armée, dès qu’elle serait organisée.Nous marchions rapidement; l’on achetait toutes les monturesqu’on pouvait trouver ; l’on prenait beaucoup de précautionspour aller en avant. Enfin, il me sembla que nous marchionsà l’ennemi, et non au milieu de la France . Dès-lors, monparti fut pris; à Digne , je laissai avancer Napoléon, et je medécidai à me rendre auprès de V. Ex., qui, depuis bien desannées, m’entoure de sa bonté, et qui connaît la pureté de mesprincipes, etc.
Le maréchal Massena, prince d’Essling, a publié aujourd’huila proclamation suivante:
Habitans de la ville de Marseille ,
L’ennemi a passé avec trop de rapidité sur les frontières demon gouvernement pour qu’on pût s’y opposer, mais j’ai pré-venu eu tems utile toutes les autorités qui peuvent l’arrêterdaus sa marche.
Toutes les mesures de précautions que les circonstancesprescrivaient de prendre, je les ai prises ; j’ai écrit au gouver-ueur-général de Lyon , au lieutenant-général de la 7e division,au préfet de la Drôme ; j’ai fait poursuivre, même hors deslimites de la 8e division, le corps débarqué de l’île Elbe, parun lieutenant-général, qui a non-seulement des forces suffi-sante en troupes de ligne, mais encore desdétachemens desbraves gardes nationales des villes de Marseille , d’Aix etd’Arles , et qui a reçu l’ordre d’appeler auprès de lui toutescelles dont il pourrait avoir besoin.
Les avis que j’ai donnés ont eu tout le succès que je pouvaisen attendre.
Ils ont empêché l’ennemi de trouver sur son passage les auxi-liaires sur lesquels il comptait.